« C’est peu dire que, à l’instar d’Artaud, de Julien Torma ou des meilleurs gnostiques, ce singulier Théophile exècre sa naissance, toute naissance. […] Du point de vie graphique et typographique, son ouvrage, parfaitement autogone, comme il est de règle pour un « fou littéraire », affiche, démultipliée par la virtuosité muridomane et les collages virtuels, une hypergénésie stylistique qu’on considérera dans un siècle avec autant de curiosité qu’aujourd’hui l’inflation lépidoptérienne d’un Nicolas Cirier. » Thieri Foulc, Viridis Candela (Carnets trimestriels du Collège de Pataphysique) (n°8, juin 2002) « Un livre absolument inclassable (hormis chez les « fous littéraires » chers à André Blavier) qui s’affiche comme un plaidoyer contre la procréation, où l’on ne sait quelle part attribuer à l’humour et à la provocation, et une œuvre d’une extrême inventivité poétique et graphique, jouant constamment des mots, mais aussi des lettrines, de la typo, de l’espace des pages. » Le Carnet et les Instants (n° 115, novembre 2000) « Au premier coup d’œil, on comprend pourquoi le spécialiste des fous littéraires a saisi l’opportunité d’augmenter le corpus de ses protégés. Le Livre de Giraud […] ne cache pas une seconde son caractère secoué. Outre qu’il est nourri d’expérimentations langagières qui soutiennent une thèse socio-philosophique dont le résumé peut-être « Tout homme non-né détient le droit de ne pas naître », la maquette folâtre suffit à dénoncer l’original, sinon le forcené. » Eric DUSSERT, Le Matricule des Anges (n°35, juillet 2001.) « Les amateurs de curiosités littéraires, les bibliophiles, les collectionneurs ont réservé un accueil empressé à ce pavé énorme, dense, qui répertorie toutes les extravagances de la typographie, consume toutes les manières d’exprimer une idée fixe, dresse une anthologie de la citation pessimiste, épuise les possibilités du raisonnement et de la rhétorique, témoigne de 333 façon de folioter une page, attente avec une délectation de néologiste à la pudeur naturelle de la langue française, stérilise les pisse-froid et le mauvais coucheurs […] et défend l’idée que le premier Droit de l’Homme serait de ne plus naître. » Les Amis de la Grive (n° 165, juin 2002) Dans son pavé sulfureux De l’Impertinence de Procréer, cet extraterrestre écrivain belge […] n’est pas seulement l’auteur d’un pamphlet idéologique. Il est également le créateur d’un objet richement baroque, que n’eussent certainement pas renié les Monty Pythons. Collages, enluminures informatiques, typographies échevelées, jeux de pistes cryptés, néologismes biscornus…L’emballage fait dans le happening apocalyptique. L’intérieur renferme un condensé ludico-philosophique obsessionnellement vissé vers le pessimisme. […] Théophile de Giraud, qui se réclame du purisme cathare mais aussi d’un surréalisme dada, cultive une provocation pas vraiment frileuse, passant au napalm et à la bombe nucléaire verbale les derniers (qui sont aussi les premiers) bastions du conservatoire des bonnes mœurs. […] En résumé, la procréation serait une parfaite aberration. Nicolas CROUSSE, Le Matin (17 mars 2001) Cent Haïkus nécromantiques « Peut-être est-ce ainsi qu’il faut lire les haïkus nécromantiques de Giraud : morceau à morceau jusqu’à l’os au point de l’avoir dans l’os ! En s’arrêtant sur telle forgerie ou telle trouvaille qui relève de l’héraldique verbale via le blason des corps laminés ! Agacé parfois, irrité même, mais toujours curieux, titillé, aiguillonné par la langue fourchue de ce diable de Giraud et sa pêche d’enfer ! » Jean-Pierre VERGEGGEN, préface de l’ouvrage « De Théophile de Giraud on ne connaissait jusqu’à ce jour qu’une seule production littéraire, mais quel ovni ! […] On aurait pu croire que de Giraud allait demeurer l’homme d’une seule œuvre, tant après cela il s’avérait difficile de faire pire. On se fourvoyait ! En effet, le voici qui frappe derechef par le biais de ces Cent Haïkus nécromantiques, excessivement provocateurs en leur barbarie ravageuse. Parodiant l’extrême concision de cette forme poétique spécifiquement japonaise, l’écrivain mutant nous emmène subrepticement dans l’Enfer du décor, lieu improbable dont le lecteur téméraire ne reviendra probablement pas indemne, du moins s’il ne perçoit pas l’immaculée noirceur de l’humour du bonhomme. Faudra-t-il quelque jour brûler de Giraud ? C’est à craindre… » André STAS, postface à l’ouvrage « Un concentré de poésie dévastatrice où un maître conceptuel, syntaxique et lexical explose littéralement de talent. Une valeur d’avenir ! » Jacques DE DECKER, Le Soir (18 février 2005)