sa COMPERE Gaston - Maison de la poésie et de la langue française de Namur

COMPERE Gaston

Biographie

Né à Conjoux en 1924 et mort le 14 juillet 2008.
Docteur en philologie romane de l’Université de Liège, après avoir défendu une thèse sur le théâtre de Maeterlinck, il se remet, à trente ans, à l’étude de la grammaire et de la stylistique. Par ailleurs, il possède une solide formation musicale. Il a enseigné à l’Athénée d’Ixelles, ce qui ne l’a pas empêché de publier une oeuvre abondante. Sa rencontre avec Marcel Thiry lui a permis de connaître André De Rache qui révèle Géométrie de l’absence à un public de lettrés. Plus tard, un jeune éditeur parisien, Pierre Belfond, lui accorde sa confiance. Le succès d’une oeuvre telle que Je soussigné Charles le Téméraire, Duc d’Occident, qui a fait l’objet d’une présentation à l’émission de Bernard Pivot, “Apostrophes”, montre quelle large audience Gaston Compère a acquise dans la francophonie. Les pièces qu’il a écrites ou adaptées sont jouées sur les scènes les plus importantes de la capitale : Le rideau de Bruxelles, Le théâtre du Parc, et Le théâtre de poche. En 1988, Gaston Compère a obtenu, pour l’ensemble de son oeuvre, le Grand Prix international d’expression française décerné par la Fédération internationale des Ecrivains de langue française.

 

Bibliographie

Poésie :

Le Sagittaire, Maison d’Editions Mosanes, 1952. (Prix de l’A.P.I.A.W – Association pour le progrès intellectuel et artistique de la Wallonie – dit aussi Prix Engelman).

Europe mon amour, Ed. C.E.L.F., 1960.

Le signe infortuné, Ed. C.E.L.F., 1960.

Géométrie de l’absence, De Rache, 1969.

Écrits de la caverne, Jacques Antoine, 1976. (Prix de la Communauté française).

Un millénaire de patience d’ange, Ed. P. Ide Gallery, 1979.

Le grand bestiaire, La Renaissance du Livre, 1979.

Profération de la parole perdue, Le Cormier, 1983.

Songes de l’oeil bleu, Dur-an-ki, 1985.

Sol majeur, Montagne d’or, Le Cormier, 1985.

Licornes, Ed. Duculot, 1989.

Sept demeures de l’adieu, éd. du Préambule, 1990.

Foi, Le Cri, 1992 (accompagné d’un CD).

Lieux de l’extase, Le Cri, 1993.

Musicoscopie, in Côte à côte, La Rose des Vents, 1995.

Echafaudages, CFC Editions, 1998.

Nuit de ma nuit, Les Eperonniers, 1999.

Le Maelström dans la cervelle, in Descentes dans le Maelström, Images d’ivoires, 2002.

Lux mea (Anthologie: 1952-2004), éd. Maelström, 2004.

Romans :

Le fort de Gleisse, Pierre Belfond, Paris, 1974. (Réédité aux éditions des Eperonniers, 1997)

Portrait d’un roi dépossédé, Pierre Belfond, Paris,1978. (Prix Victor Rossel)

L’office des ténèbres, Pierre Belfond, Paris, 1979.

Les griffes de l’ange, Le Cri, Bruxelles, 1981.

La constellation du serpent, Pierre Belfond, Paris, 1983.

Je soussigné Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, Pierre Belfond, Paris, 1985.

Dieu dans le trou, Editions les Eperonniers, Bruxelles, 1986.

Robinson 86, Pierre Belfond, Paris, 1986.

Anne de Chantraine, Jean-Pierre Kupczyk, 1988.

Bloemardinne, ou Du séraphique amour, Ed. Les Eperonniers, Bruxelles, 1991.

Cimmérie,
Divagation à travers un paysage, Ed. La Manufacture, 1992.

Lettres rouges Lettres noires, Jean-Michel Place-Le Cri, 1992.

Les torticolis de la girafe, CFC-Editions, 1997.

Je soussigné Louis XI, roi de France, Ed. Labor, 2004.

Au plus blanc de la nuit, MaelstrÖm, 2012.

Nouvelles :

Sept machines à rêver
, Pierre Belfond, 1974.

La femme de Putiphar, Marabout, 1975. (Prix Jean Ray) (Réédité aus Editions Labor en 1995)

Derrière l’oeil, Jacques Antoine, 1979.

Les eaux de l’Achéron, L’Age d’homme, 1985.

Le fouille-merde, Le Cri, 1988.

Relation de ma promenade du 26 septembre, Ed. La Licorne, 1993.

L’hiver, Ed. Le Cri, 1995.

Nombreuses nouvelles disséminées dans les revues.

Divers :

Le théâtre de Maurice Maeterlinck, Palais des Académies, 1955.

Le dernier duc d’Occident, Cahier du Service dramatique, R.T.B., 1977.

Jean-Sébastien Bach, Duculot, 1980.

L’Apocalypse de saint Jean, Le Préambule, 1987. (Réédité par Le Cri, en 1984.)

L’art de parler en public pour ne rien dire, Jacques Antoine, 1987.

Maurice Maeterlinck, La Manufacture, 1990.

Les Jardins de ma mère, Ed. Didier Hatier, 1990. (Réédité aux éditions des Eperonniers, 1997)

Polders, essai de géographie sentimentale, La Manufacture, 1992. (Réédité par la Renaissance du Livre, Tournai, 2001.)

Journal du Quatuor, Les Eperonniers, 1994.

Portraits de Wallonie, Les facettes d’une identité, in Wallonie, Casterman, 1994.

Portraits d’un écrivain, in Au pays de La Fontaine, Casterman, 1994.

O (Promenades), Le Cri, 1995.

Moments musicaux, Les Eperonniers, 1995.

Le roman du Blanc Bleu Belge, in Blanc Bleu Belge, Casterman, 1976.

Leçons de la Meuse, in Le grand Livre de la Meuse, Casterman, 1977.

Une enfance en Condroz, La Renaissance du Livre, 2000.

Nombreux articles disséminés dans des revues.

Théâtre :

Pourrir par les orteils, créé en 1977.

Le rempart de Babylone, créé en 1977. (Edité aux éditions Nocturnes, 1989).

Gueule de glace, créé en 1981.

Le bout du monde, créé en 1984.

Sade, disait-il, créé en 1984.

Richard, créé en 1992.

La Tragédie du Téméraire, créé en 1995.

Adaptations d’ouvrages dramatiques étrangers représentés :

Dommage qu’elle soit une putain, de John Ford, 1982.

Damien, d’Aldyth Morris.

Le cauchemar de l’acteur, de Christophe Durang, 1983.

Soeur Marie-Ignace vous explique tout, de Christopher Durang, 1983.

La Mandragore, de Machiavel, 1983.

Kean, ou la colère de Dieu, de Fitz-Simmons, 1984.

Nathan Le Sage, de Gootthold Ephraïm Lessing, 1988.

L’Apocalypse de saint Jean, 1989.

Antigone, de Sophocle, 1990.

Roméo et Juliette, de Shakespeare, 1998.

La mégère apprivoisée, de Shakespeare, 2000.

Le roi Lear, de Shakespeare, 2002.

Ulysse et la baleine blanche, de Vittorio Gassman, 2005.

Traductions :

Heidi Holder, Corbeaux, Duculot, 1989.

Rainer-Maria Rilke, Le livre d’Heures, Le Cri, 1990.

Opéra :

Sarah, en collaboration avec Paul Uy, créé au Festival de Spoleto, en 1989.

Grand prix biennal des Littératures francophones, en 1989.

 

Textes

 

ARDENNE ARTHURISEE

 

Cycle d’Arcture

Enfant certains ciels ont affiné mon optique,
En Ardennes. Vacances éblouies. Cris doux. Crises.
L’ingénuité physique amèrement rassise,
M’attendaient les entrailles des mathématiques.

Le silence des eaux et de l’air meurtrier,
L’erre des meurtres et le silence des zoos
Tuent. Et l’on rit alors même qu’adagio
La main d’un maître anime le clavecin des prés.

Mais de qui parlons-nous? D’un Génie amical,
Celui des crêtes, des ravines, embrumées.
Il nous a connus tous et nous a tous aimés.
C’est aussi simple qu’une phrase musicale.

 

 

Arthur en mal de philosophie

Veillez à VOUS emmener avec vous
pour vous récréer:
les cérémonies sont d’un ennui fou
comme les curés.

Ah, loin le temps, long
et lent le temps, le temps miraculeux
où nos os seront
revêtus d’un nouveau corps amoureux.

 

 

Fumées de Charleville

Disait mon père franche carrure et oeil américain
“Il est grand temps Mettons les choses au point
et nos troupes au pas
Votre ancêtre et le mien a pu connaître Arthur
Qui fut-il mon ami?
-L’ancêtre ou Arthur?
-Ah”
Telle est la question aurait dit Shakespeare
par la voix de Hamlet vampire nostalgique
(Etre? ne pas être? il n’est de question pire)
Ancêtre je te dois un anneau de porphyre
Cela dit dors dors dur
Laisse-moi à mes courbatures
– La question non de dieu
(fleurs et pierreries)
Je ne lui répondrais qu’en classe de poésie
(c’était l’époque encore où la poésie
se voyait honorée dans la classe de cinquième
du cycle dit secondaire (amen) )
La question! et j’ajoute dans un rot
la question à six cents euros
chargés par moitiés sur un rhinocéro
et sur un bromadaire

Arthur?
Celui qu’on nommait le beau dard de Turin?
(On le délinéait dressé sur deux fémurs)
Arthur?
Arthur-le-bien-ai-no-tre-con-tem-po-rain?

 

 

La philosophie dans tous ses états

 

                              

Je le vois bien sur un cheval, à cru.
qui est-il? vous est-il connu?
Bouffonnant en tous sens à mollets éperdus,
ce philosophe convaincu
nous répète du fond des âges:

JAMAIS LA VERITE NE MONTRE SON VISAGE,
ELLE NE MONTRE QUE SON CUL.

Qui est-il? vous est-il connu?

J’ai seul la clé de cette parade sauvage.

 

 

Reste d’adolescence

Le jars dînait
D’oseille verte
Au jardinet
De Rigoberte.

L’oie dodinait
Au nez de Rimbe
Un sadinet
Digne des limbes.

L’oie blanche lait
Et sperme laid
Capitulait
En serpolet.

Cependant que
Le noir gibet
Conglutinait
Paladinets
Squelettes des
Saladinets.

Lors Rigoberte
An nez d’Arthur
S’en fut alerte
Droit dans le mur.

Pan, la poupée!
C’était -merveille-
La mer allée
Dans le soleil.

(1945)