Visage apparu comme île déserte
Mangée de sable et de coquillages
Tranquille mirage qu’un geste dénoue
Et rend aux enfers de l’esprit
Il est cette perpétuelle solitude
Des êtres condamnés à deux
Un corps se tend
Et offre sa parure aux délices
Mon amour est-il sage
D’être impatient et de combler
Ses peurs en ajoutant aux orages
La colère
Colère d’une âme dévastée
Balayée des errantes nuits
Où la faim des ventres hante
Les mains messagères
Impalpable pollen
Qu’un caprice jette
Ensemençant les terres fertiles
Je laboure le champ
Par le soc pénétrant d’un acier
Bleui par la forge
Ma sagesse naît
D’un jet de jambes
Aux montées herbeuses
Un bourdon lancinant
Couvre l’appel du sang
Je suis toi dans la croix
Des membres nus
Arrachés au lit
Des ténébreuses eaux.