sa ROMUS André - Maison de la poésie et de la langue française de Namur

ROMUS André

Biographie

André Romus est né à Liège en 1928 et y est décédé en 2015. Autodidacte, il a abandonné les diverses études successivement entreprises. Il fut poète, critique littéraire, animateur de lectures et de spectacles de poésie, peintre.

Il a collaboré à diverses revues : Le Journal des poètes, L’Arbre à paroles, Ces gens-là, etc.

Une longue correspondance a marqué ses débuts en poésie, celle avec le grand poète Patrice de La Tour du Pin, dont les «Lettres à André Romus» peuvent être comparées à juste titre à celles envoyées par Rilke au jeune poète.

Remarqué dès ses débuts, Prix Saint-Pol Roux 1950 (Paris), auteur de deux recueils en 1951 et 1954, il a abandonné l’écriture poétique pendant trente-cinq ans pour y revenir en force en 1989. Deux autres prix littéraires sont venus honorer son œuvre : en 1993, le Prix Eugène Schmits décerné par l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique, et le Prix Pyramide 2000 (Prix de la ville de Liège).

Formé à Liège à l’École de la Cause freudienne de 1990 à 1993.

Il fut ensuite invité au Festival international de Poésie (1995) et au Salon du Livre (1998) de Trois-Rivières, ainsi qu’au Salon du Livre du Québec (2001).

Il a résidé à Rome (1997) et à Montréal (1998 et 2002).

Source : Philippe Leuckx in Service du Livre luxembourgeois

Bibliographie

  • Les promesses du jour, La Maison du Poète, Bruxelles, 1951.
  • Voix dans le labyrinthe, P.J. Oswald éditeur, Paris, 1954.
  • Hubert Dubois, poète écartelé, Le Thyrse, Bruxelles, 1965.
  • Le dieu caché, André De Rache, Bruxelles, 1978.
  • Patrice de La Tour du Pin : Lettres à André Romus, présentation par Luc Estang, avant-propos par André Romus, Seuil, Paris, 1981.
  • Demeure de l’été, L’Arbre à paroles, Amay, 1989. Traduit en italien : Dimora dell’estate, L’Arbre à paroles, Amay, 2004, coll. Monde latin.
  • Bourreaux, couteaux, L’Arbre à paroles, Amay, 1993.
  • Le temps à peine, Tétras Lyre, Ayeneux, 1995.
  • Encre(s), Presses de l’Acasoir, Liège, 1995.
  • L’aube, l’aubier, L’Arbre à paroles, Amay, 1995.
  • L’huile des lampes, L’Arbre à paroles, Amay, 1996.
  • Si les dieux meurent, L’Arbre à paroles, Amay, 1998.
  • Les quatre vents, Groupe Impressions, Liège, 1998.
  • Stèles de cendres, préface de Claude Bommertz, Phi, Luxembourg et Écrits des Forges, Québec, 1999.
  • Le corps en archipel, La Fourmilière, Liège, 1999.
  • Avril sous roche, préface de Claude Bommertz, Phi, Luxembourg et Écrits des Forges, Québec, 2001.
  • Toi terriblement, poèmes, Ed. du Noroît, Montréal, 2004.
  • Un visage parfois, Tétras Lyre, 2009. Coll. “Lyre sans bornes”.
  • Une sorte d’enfance, Tétras Lyre, 2012. (Hors-Chant).

Textes

Pour Costa Lefkochir

Je croyais que les cris ne portent pas
d’ autres couleurs que celle du néant

Mais ton cri s’ empare des couteaux du sang
s’ habille de toutes les couleurs du noir

Et quand la lettre se déchire
s’ écoule alors entre ses lèvres de  papier et de cendre
le bleu fané du ciel et des larmes

Je rends hommage aux armes véhémentes de ta main
Je célèbre ta main désarmée d’ enfant
la page lacérée d’ une parole en feu
échardes dans l’ oeil d’ aigle du témoin
épines dans les plus fines membranes de la gorge
couronne offerte au massacre

Tu me dis que la blessure ne finira jamais de chanter