sa NÚÑEZ TOLIN Serge - Maison de la poésie et de la langue française de Namur

NÚÑEZ TOLIN Serge

Biographie

« Il manque quelque chose au monde pour que nous sachions pourquoi il est, et c’est à nous que ce manque échoit » (L’interminable évidence de se taire, 2006,18). Suivre dans la langue la courbe qui mène des mots aux choses, du rapport aux mots vers le rapport au monde : « Le monde est noué aux mots comme un nombril » (Fou, dans ma hâte, 2015, 74).

Ses parents ayant quitté l’Espagne en 1951-53, l’auteur est né à Bruxelles en 1961. Dix-sept titres parus. À partir de 2001, aux Éditions Le Cormier (Belgique) : cinq ouvrages ont paru dont quatre sous le titre unique de “Silo”. En France, depuis 2010, six titres parus chez Rougerie éditeur, dont « Les mots sont une foudre lente » a reçu le Grand Prix de poésie 2023 de l’Académie royale de Littérature et de Langue françaises de Belgique. En 2024 : « L’immobilité et un brin d’herbe» (Le Cadran ligné) et : “Sur le fil de la présence” (Le Taillis Pré). Au printemps 2025, « Langue qui me commence précédé par… d’avoir couru comme le vent se lève » (Rougerie). (Mise à jour 02/2026)

Photo – droits réservés Núñez Tolin – Patrick Otten

Bibliographie

  • Langue qui me commence précédé par …d’avoir couru comme le vent se lève, Rougerie, avril 2025. (Fonds national de littérature.
  • Sur le fil de la présence, Le Taillis pré, juin 2024 (Fédération Wallonie-Bruxelles)
  • L’immobilité et un brin d’herbe, Le Cadran ligné, avril 2024 (CNL)
  • Les mots sont une foudre lente, Rougerie, mars 2023. (Fonds national de littérature)
  • Près de la goutte d’eau sous une pluie drue, Rougerie. Mars 2020. (Fonds national de littérature)
  • L’exercice du silence, Le Cadran ligné, septembre 2020 (CNL et Fédération Wallonie-Bruxelles)
  • La vie où vivre, Rougerie, avril 2017 (Fonds national de littérature)
  • Le truchement des mots, Éditions Tarabuste, Triages/Anthologie vol I, juin 2017.
  • Nó dado por ninguem /Nœud noué par personne, éd. Bilingue Portugais/Français, Trad. J. Castañon Guimarães, Lumne editor, mai 2015. Brésil.
  • Fou, dans ma hâte, Rougerie, février 2015 (Fonds national de littérature)
  • Nœud noué par personne, Rougerie, octobre 2012 (Fonds national de littérature)
  • L’ardent silence, Rougerie, janvier 2010 (Fonds national de littérature)
  • L’interminable évidence de se taire, Le Cormier, novembre 2006
  • Silo IV, Le Cormier, décembre 2004 (Fonds national de littérature)
  • Silo III, Le Cormier, décembre 2003
  • Silo II, Le Cormier, décembre 2002 (Fonds national de littérature)
  • Silo, Le Cormier, novembre 2001

Plaquettes et livres d’artiste

  • Machines, Cécile A. Holdban + Collectif, « Nous sommes fichés au sol », Le Réalgar, juin 2024
  • Le tout et le rien, avec la collaboration de Cécile A. Holdban. Les Cahiers du Museur, collection À côté, 2021 (vingt et un exemplaires)
  • La question aveugle, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), France, février 2014.
  • L’infini dans les choses, avec des peintures d’Aaron Clarke, coll. « Jamais » Les livres pauvres, Saint-Jean-La-Bussière (69550 France), mai 2013.
  • L’arbre et la fenêtre, avec des dessins de M. Vermandere, éditions Centrifuges, Saint-Jean-La-Bussière (69550 France), mars 2013. (vingt exemplaires)

Anthologies

  • Actualité de la poésie en prose en Belgique francophone, dossier réalisé par Karel Logist in Le Journal des Poètes, novembre 2023, n°4, pp.46-47.
  • Une poésie de vingt ans, Anthologie de la poésie en Belgique francophone (2000-2020), Gérald Purnelle, Espace Nord (2022, 181-183)
  • Écrivains francophones de Belgique, Siècle 21 n°34, 77-79. Paris, 2019
  • La Poésie française de Belgique, une lecture parmi d’autres, (89 poètes francophones de Belgique choisis par Yves Namur. Recours au poème, Editions numériques (livre électronique), 2015
  • Piqués des vers, 300 coups de cœur poétiques, Colette Nys-Mazure & Christian Libens, Renaissance du Livre, coll. Espace Nord, Bruxelles 2010.
  • Poètes aujourd’hui. Un panorama de la poésie francophone de Belgique, Liliane Wouters et Yves Namur, Le Taillis Pré – Le Noroît, 2007.
  • Résonnances. Anthologie des écrivains présentés au Cercle de la Rotonde, M-C. Roose, Memmor, Belgique, 2005.
  • Antología de la poesía belga en francés. Tomo III, José Luis Reina Palazón, Pierre-Yves Soucy, Calima Ediciones, España 2004.

Collaboration aux revues

  • Le Journal des Poètes, juillet 2024, n°4, pp.55-56
  • Le Journal des Poètes, novembre 2023, n°4, pp.46-47
  • Le Journal des Poètes, novembre 2021, n°4, pp.108-109
  • Siècle 21 n°34, été 2019, 77-79 (Paris)
  • A, Littérature et Action, janvier-avril 2018, n°1, pp. 62-64 (Nice).
  • Le Journal des Poètes, avril 2018, n°2, pp. 62-64 (Bruxelles).
  • N47, n°31, automne 2017, pp. 61-65 (Angers).
  • Triages/Anthologie Vol I. Tarabuste Éditions, 06/2017, pp.56-79 (St-Benoît-sur-Sault).
  • Traversées n°83, mars 2017, Dossier personnel, pp.3-51 (Virton).
  • Les Hommes sans Épaules, juillet 2016, n°42, pp. 180-184 (Écouen).
  • Le Journal des Poètes, 2015, n°2, pp. 90-91 (Bruxelles).
  • Arpa, n°112, février 2015, pp.72-75 (Clermont-Ferrand).
  • Prosa (Cahier littéraire hebdomadaire du quotidien brésilien « O Globo »). Nó dado por ninguém. Extraits de « Noeud noué par personne » traduit en Portugais par Júlio Castañon Guimarães.       24.05.2014, p.3 (Brésil).
  • N 47, n°25, janvier 2014 (Angers). Dossier personnel.
  • Souffles, vol. 73, 242-243, décembre 2013 (Montpellier)
  • Traversées, n°70, décembre 2013 (Arlon)
  • Carnets des Lierles n°122, mai 2013 (Frontignan)
  • N 4728, n°22, juin 2012 (Angers)
  • N 4728, n°21, janvier 2012 (Angers)
  • NUNC n°26, février 2012 (Clichy)
  • N 4728, n°19, printemps 2011  (Angers)
  • Grain de sable, n°8, hiver 2010 (Luxembourg)
  • Traversées n°60, automne 2010 (Virton)
  • Arpa : 30 ans de poésie, n°91-92, juin 2007 (Clermont-Ferrand)
  • L’Étrangère : 2005, n°12 (Bruxelles)
  • Archipel : 2004, n°22 (Anvers)
  • Encres Vives : 1998, n° 240 (France)
  • Le Journal des Poètes : 1985, 1987, 1990, 1995, 2002, 2009, 2010, 2015 (Bruxelles)

Prix littéraires (Lauréat et finaliste)

  • Lauréat du Grand prix de poésie 2023 de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique pour « Les mots sont une foudre lente », Rougerie.
  • Finaliste du Prix triennal de poésie en langue française de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2023 pour « Près de la goutte d’eau sous une pluie drue », Rougerie.
  • Finaliste du Grand Prix de poésie 2020 de l’Académie royale de langue et de Littérature françaises de Belgique pour « Près de la goutte d’eau sous une pluie drue » et « L’exercice du silence ». Lauréat : C. Hubin
  • Finaliste du Prix Louis Guillaume 2017 : http://www.louis-guillaume.com/spip.php?article61
    Lauréat : C. Mahy.
  • Finaliste du Prix Guillaume Apollinaire 2015 pour « Fou, dans ma hâte » : http://www.prix-apollinaire.fr/actualite.html Lauréate : Liliane Wouters.
  • Lauréat du Prix triennal Nicole Houssa 1985 de l’Académie royale de langue et de littérature françaises : Manuscrit inédit « Le matin du monde », 1984.« Serge Núñez Tolin montre dans ses poèmes un ton neuf, des images fortes, une intériorité violente. C’est à cela que l’Académie a été sensible. Elle a voulu reconnaître un bel élan lyrique doublé d’une profondeur vivante. » (Liliane Wouters)

Mémoire universitaire sur l’œuvre

« Serge Núñez Tolin, une poésie métaphysique à la recherche du quotidien »
Par : Halleux, François  [UCL] Promotrice : Anne Reverseau  [UCL]
Master [120] en langues et lettres françaises et romanes, orientation générale, à finalité spécialisée: sciences et métiers du livre (édition, librairie, bibliothèque)
https://dial.uclouvain.be/memoire/ucl/fr/object/thesis%3A34927

Références sur la toile (non exhaustif)

Pages d’auteur

Recensions (non exhaustif)

Entretiens (non exhaustif)

Éditeurs

 

Textes

Une chaise à côté du parleur debout

(21 juin 2022 – 15 juillet 2022)

 

Une main se saisit de ce qu’elle est venue chercher.

Rien.

 

 

C’est à peu près ce à quoi je

résumerais

 

cette main sans intention,

 

 

le drap nu l’un de l’autre.

*

Mystère de l’abandon que je consens aux mots. La question que j’en tire, toujours posée, restée pendante, irrésolue. Irrésolvable ?

 

Pourquoi les mots me sont-ils venus ? Pourquoi y suis-je allé ?

 

La parole prononcée par un silence.

 

Est-ce ainsi que je sers la vie ?

*

Le geste de la main en écrivant n’adoucit rien, n’éloigne jamais assez ce qui doit finir ou qui n’a pu commencer.

 

Un galet à écrire, cette chose fermée impossible à ouvrir –ni avec les mots– ramené sous la main.

*

Ta manière de poser le pain sur la table, au milieu, au centre. Qui aurait dit que l’enfant en était imprégné à l’insu de tous quand mille événements quotidiens et oubliés faisaient et défaisaient l’instant ?

 

Je revois ce pain posé, ton geste qui l’y mettait, au centre de mon souvenir.

*

Mains, fertiles de nos présences.

 

Voici venue la saison odorante des troènes. Ces choses revenues après l’absence, je les retrouve dans les mots comme dans les sens.

 

Cela fait une continuité, qui rattrape la vie, une sensation quittant le ventre. Un éclat de joie et une mélancolie, tout à la fois, qui nous poussent sans savoir si c’est le bonheur ou le contraire.

*

Le temps déchiré par la perte, que les pertes déchirent en nous laissant sur le chemin où l’on comprend, depuis comme jamais, qu’ils ne mènent nulle part.

 

Sentiments qu’il nous est forcé de traverser. Ils passent –je passe en eux– et ils me déplacent, changé et davantage moi-même. Celui que je suis pour être vivant.

*

À mes côtés,

 

une chaise inemployée,

réservée.

 

 

Chaise où le silence est assis.

 

Commentaires

Recensions dans la presse numérique et imprimée (sélection non exhaustive)

  • Cade GUÉNANE « Langue qui me commence précédé par… D’avoir couru comme le vent se lève» in Francopolis, automne 2025.
    Fuir, s’expatrier, perdre sa langue à l’étranger, se couper la langue, laisser une autre entrer. Dans le malaise du silence, dans les solos du silence, repartir toujours, il faut, quel que soit le poids du sac à silence et le poète nous tend les mots. […] Le poète saute toujours dans l’enfance, retrouve les sensations, redessine les surprises même si le mot silence demeure l’unique ponctuation de l’errance, il demeure un enfant qui marche et « demande à sa respiration de le suivre ». […] Entendre le rire de l’enfant Serge Núñez Tolin, il a sa joie pour réponse et toujours le vent marin sur la peau. Entendre l’homme qui saura accueillir la tendresse consentie avec sa langue à lui. (Extrait de l’article).
    http://www.francopolis.net/revues/G.Cade-S.NunezTolin-2025-3.html
  • Charline LAMBERT « Sur le fil de la présence » in Le Carnet et les Instant. Revue des Lettres belges francophones. 22 juin 2024.
    C’est à un ample sentiment de présence, qui n’est par ailleurs pas étranger à ceux qu’évoquent les philosophies extrême-orientales, que ces pages ouvrent. […] Pourtant, une ombre plane : l’attente. Mais l’attente de quelle advenue, au juste ? Celle-ci acquiert une dimension d’absolu, à l’instar de l’emploi de l’infinitif : nous n’attendrons peut-être rien d’autre que le fait d’être humain et d’habiter pleinement notre présence au monde. Ainsi, l’opus Sur le fil de la présence le dit assez : faut-il être riche de questionnements intérieurs pour parvenir à cesser de poser des questions au monde… qui n’apportera aucune réponse, sinon celle de la présence. (Extrait de l’article). https://le-carnet-et-les-instants.net/2024/06/22/nunez-tolin-sur-le-fil-de-la-presence/#more-71696
  • Patrick CORNEAU « L’immobilité et un brin d’herbe » in Le Lorgnon mélancolique, blog, mai 2024.
    La vision du monde de Serge Núñez Tolin est une pensée de l’immanence : “il n’y a pas d’ailleurs pur” ; aussi l’effort poétique est-il moins de présenter tout le réel, mais seulement d’explorer toute la réalité de la présence en se mettant à découvert.. Vers ces choses qui, ne se disant ni ne se pensant elles-mêmes, n’ont donc pas d’objections à notre visite respectueuse et humble de leur native objectivité. Tout sacrifier au monde pour lui donner d’apparaître en lui-même, c’est-à-dire à partir de lui-même, sans nos usages et interprétations de lui. Ce qui rapproche Gérard Pfister et Serge Núñez Tolin est que l’un et l’autre n’usent pas de “paroles plus grandes que les choses” comme disait Retz. Il faut beaucoup de travail et de métier pour que le chant poétique paraisse couler de source. (Extrait de l’article).
    https://www.patrickcorneau.fr/2024/05/eclats-de-poesie/
  • Thierry ROMAGNÉ «Les mots sont une foudre lente» in Europe, n°1133-1134, sept-oct 2023.
    https://www.europe-revue.net/produit/n-1133-1134-al-andalus-sept-oct-2023/
    … dans une langue particulièrement simple, dépouillée même. Les mots choisis, jamais clinquants, jamais rares […] mais mats, exacts, tombent juste. […] La rhétorique la plus affirmée réside ici dans l’absence, non-ostentatoire de surcroît, de figures de style. Et pourtant les propositions courtes, les phrases brèves se déploient […] avec une grâce aérienne, une limpidité qui ne peuvent que retenir l’attention du lecteur et l’inviter à rêver lui aussi à cette heure inventée au bout de ce cheminement grave et sensible. (Extrait de l’article).
  • Éric BROGNIET « Les mots sont une foudre lente » in Le Carnet et les Instants Revue des Lettres belges francophones. Juillet 2023.
    https://le-carnet-et-les-instants.net/2023/05/07/nunez-tolin-les-mots-sont-une-foudre-lente/#more-60245 Pulsation, force, joie donnent la réplique au vide, à la banalité, à la perte. La parole fait face au silence. […] Vivre ou écrire, c’est faire confiance au mouvement, qui est passage. Marcher à travers le paysage, éplucher des pommes de terre, « tenir quelqu’un dans ses bras », « ce que l’on reçoit les uns des autres » traduisent le mouvement. Les mots eux-mêmes sont « une foudre lente » : dans ce bel oxymore choisi pour donner son titre à l’ensemble du livre, le poète résume de la plus belle manière ce qu’il y a de force et de fragilité, de vitesse et de patience conjointes dans le poème et dans toute vie humaine pour faire sens : « cette confiance nous approche aussi près du bord que possible. » Là où le temps et l’espace fusionnent et scintillent. Là où la mort, pourtant inévitable, est déjouée. (Extrait de l’article).
  • Thierry ROMAGNÉ  « L’Exercice du silence » in Nouvelle Quinzaine littéraire.
    « L’Exercice du silence » fait partie de ces livres que l’on n’attendait pas et dont la lecture marque durablement celui qui s’y lance. Il développe à bas bruit et dans une langue d’une humilité qui étonne, un questionnement vrai, exigeant, indépendant des modes et des poses littéraires. C’est un précieux viatique pour l’hiver dans lequel nous entrons tous, tout le temps. » (Extrait de l’article).
    https://www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr/mode-lecture/un-autre-parti-pris-des-choses-1250
  • Primaëlle VERTENOEIL « La vie où vivre » in Le Carnet et les Instants, Revue des Lettres belges francophones. Trouver sa veine (posté le 17/06/2017).
     https://le-carnet-et-les-instants.net/2017/06/23/nunez-tolin-la-vie-ou-vivre/#more-15714
    Tout l’intérêt de ce recueil – et des précédents finalement – réside dans l’alternance poétique entre l’abstrait et le concret du texte. Chaque page, chaque vers contient une dimension presque philosophique, contrebalancée par un élément très matériel : « Je me lave. Corps sous la main, lieu des mots. / Je passe le savon sous l’eau : entre mes doigts/ le silence fait place au temps. » […] le poète ne craint pas de renouveler la poésie d’aujourd’hui et de poursuivre une veine poético-philosophique qu’un François Jacqmin, par exemple, exploitait, jadis. (Extrait de l’article).
  • Marc WETZEL « La vie où vivre » In Traversées (posté le 16 mai 2017)
    Et cette poésie est une poésie morale. Elle est en tout cas éthique, profondément, car toute éthique enseigne l’art d’être suffisamment présent ; et notre auteur (un peu comme Bergson caractérisait la conscience comme fonction de l’attention à la vie) y réussit. Sa sagesse de l’immanence – le réel se suffit ; ce qui est réel en nous devrait alors en faire autant. N’allons donc ni rire ni pleurer au-delà du monde ! – est comme une leçon naturelle. […]
    Toute sa poésie semble nous conseiller de faire de même : se contenter du présent, finement capturé, intelligemment élargi, généreusement partagé. Et ce tout dernier point indique que notre auteur n’a ni peur ni honte de la morale : une conscience attentive à la vie l’est donc aussi à celle des autres consciences, et à la sienne propre, comme modèle de vie que son action lui mérite ou non d’être. Droiture de la contemplation vaut bien prière. […]
    Nous croulons sous les manuels de bonheur ; ce qui manque cruellement, ce sont des manuels de justesse. Mais en voici magnifiquement un. (Extrait de l’article). https://traversees.wordpress.com/2017/05/16/serge-nunez-tolin-la-vie-ou-vivre-rougerie-avril-2017-78p/
  • Mélanie GODIN « Fou, dans ma hâte » in Le Carnet et les Instants, Revue des Lettres belges francophones Avril 2015. http://le-carnet-et-les-instants.net/2015/04/27/nunez-tolin-fou-dans-ma-hate/#more-751
    Les textes se succèdent sous forme de psaumes d’une dizaine de lignes tels des perles sur un fil insaisissable. Comme dans ses précédents livres, les questions du langage, du réel et du silence sont au centre de son écriture. Vivant, il emmène le lecteur dans une marche où les éléments naturels l’entourent. Il s’agit d’une traversée où les respirations coexistent avec sa pensée. La particularité de ce livre-ci se situe dans la puissance de la vie car « le vivant débusque les mots ». Solitaire dans sa recherche, il n’en demeure pas moins que la présence de l’autre importe beaucoup. « Les mots pour sortir de soi et faire entrer l’autre ». Il écrit « davantage pour vivre que pour dire ». (Extrait de l’article)
  • Marc WETZEL In Souffles, vol 76, 248-249, juillet 2015, pp. 470-474. (Montpellier)
    Ainsi notre ami poète ne feint jamais d’être en apesanteur (il a besoin d’une source de vie, – et toute source vraie pèse et fuit – et le ciel est sans source), ne joue pas au juge, à l’arbitre souverain (posant les conditions du bonheur, détenant les mots qui assècheraient à jamais le silence, s’imaginant profond loin du corps du monde) – il ne fait que prolonger en mots l’impérieuse et muette solidarité du monde avec lui-même, car ce monde silencieux fait partout corps avec lui-même, comme le « coude-à-coude fraternel de la pierre et de la plantule » (p. 78) sur lequel sa marche se penche, monde dont la préexistence même au langage est magnifiquement formulée, lorsque Núñez Tolin dit : « le monde est noué aux mots comme un nombril » (p. 74).
    Il y a, je crois, chez cet auteur d’une exceptionnelle acuité, d’une éblouissante rigueur, une sorte de Physique de la vérité. La vérité est à la fois, nous le savons et le sentons, révélation et  adéquation. Révélation parce que, dans la vérité, un principe de la réalité vient se découvrir, une source enveloppante pour nous et féconde de nous se dévoile à nous. (Extrait de l’article)
  • Didier AYRES « Fou, dans ma hâte » in La cause littéraire. http://www.lacauselitteraire.fr/fou-dans-ma-hate-serge-nunez-tolin. 24.04.2015
    Contrairement à ce que laisse entendre l’avant-lire du dernier recueil de Serge Núñez Tolin, paru aux éditions Rougerie, ce n’est pas que d’effusion amoureuse dont il s’agit, mais beaucoup de silence et d’accotement du langage, d’ancrage des mots vers les choses et le réel. Nous sommes donc au milieu d’une poésie sans images, avec beaucoup de mots et de généralités essentielles, comme le temps, la langue, la lenteur ou encore le silence, qu’il faut lire avec attention et subtilité.
    Car ces textes poussent le lecteur à réfléchir. Et même grandement à ce qui semble antithétique à la poésie, le silence. Les images disparaissent devant l’impérieux silence, à quoi convie avant et après l’expression écrite. Car […] il est bien vrai qu’elle [la poésie] s’épaule au silence, qu’elle est à la fois sa consommation et sa magnificence. Et comme l’écrit le poète : Les mots ressemblent au silence. (Extrait de l’article)
  • Jean-Paul GAVARD-PERRET in Le littéraire.com http://www.lelitteraire.com/?p=13594. 03.01.2015.
    Le Bruxel­lois Serge Núñez Tolin pour­suit en France chez Rou­ge­rie l’œuvre enta­mée en Bel­gique au Cor­mier sous l’influence de Roberto Juar­roz. L’auteur reven­dique une «ver­ti­ca­lité» de l’écriture. Mais l’ascension prend chez lui un sens par­ti­cu­lier qui n’a rien de mys­tique et encore moins de reli­gieux. Le poète oriente son écri­ture vers le silence par­ti­cu­lier : celui qui selon Michel Camus «parle encore le silence ». Ce silence par­ti­cu­lier et à l’œuvre dans l’œuvre per­met donc de se débar­ras­ser de la tyran­nie du logos comme de la rai­son qui fait du « je » (via le cogito de Des­cartes) un jus­ti­fi­ca­tif et le bras armé de toutes les vio­lences. L’auteur opte pour un autre «je», déta­ché de l’ego et en consé­quence propre à opé­rer ce que le poète nomme le «tutoie­ment»: celui de la vie et de la réalité. (Extrait de l’article)
  • Marc WETZEL «Nœud noué par personne»in Souffles, vol.73/242-243/12.2013 (Montpellier) pp.465-468.
    On voit la formidable ascèse de cette vie poétique : jetant « l’aimant » de toute « volonté de présence », répudiant les questions transcendantes (paradoxalement trop sûres de leur capacité d’angoisse, et qui ont perdu sa confiance !), acceptant une fois pour toutes l’absence de toute « unité en ce monde pour l’homme », Serge Núñez Tolin prône l’accompagnement patient de la foulée propre du monde. Comptons sur la présence, oui, mais comme « force sans raison » ; sur l’évidence, mais réduite au « chemin de l’aller » ; sur le silence – dont certes « il n’y a rien à obtenir », mais qui « ne limite pas l’humain ». Pour reprendre le titre d’un de ses derniers ouvrages : le présent parfait existe peut-être, mais seulement comme « nœud noué par personne ».
    Quelle liberté nous reste-t-il ? Grande, en tout cas suffisante dans l’infini utile : si le silence est tout et ne veut à jamais rien, le regard saura lui trouver un « axe » dans les claquements d’un volet battu par les vents ; si la nuit nous ferme les yeux, que notre vie les « tienne ouverts sous la paupière » ; si notre parole est bien seule, que l’apaise « la misère des mots qui est de ne pouvoir se taire » ; si notre respiration est heurtée dans l’infini, moquons-nous gentiment de la sienne, lui qui ne sait qu’« abuser de notre impossibilité à le mesurer » et « nous menacer de ce qui nous dépasse ». (Extrait de l’article)
  • Christian Viguié, Europe, n°1007 / mars 2013,pp.353-354
    Que faire de ce langage qui double les choses, les enveloppe, les transporte, les altère et empêche leur pouvoir de transfiguration ? Comment s’en démarquer surtout que « Rien ne dure tant que l’insuffisante parole » ? […] Pourtant un travail alchimique s’opère et vient à son secours. Travail lent, inexorable, en marge, imprévu, un peu comme la rouille avec le fer. L’opacité des mots, leur qualité privative, s’occident, se corrodent. Leurs prétentions ont disparu et  ils deviennent eux-mêmes des objets complets en perdant leur destin intrusif. Ils rejoignent cette égalité métaphysique entre les choses et s’identifient par moments à des nœuds noués par personne. (Extrait de l’article)
  • Christian Vogels, N 4728, n°23 janvier 2013, pp. 77. (Angers)
    Passion qui par sa violence oblige à prendre de ce monde plein, qu’est le réel, tout, y compris le vide. A l’instar de ces voyageurs que l’on voit chez Ruysdael ou Rembrandt, qui tournant le dos au spectateur se perdent dans les profondeurs vides du tableau, c’est-à-dire symboliquement dans la mort, le poète s’avance dans un paysage de l’attente où il donne forme à l’obscurité. (p. 36). Car si les mots ne sont pas une réponse (p.7) ils mènent par le son le marcheur à ce point de lenteur … fenêtre d’un silence réciproque. (p.54). Dès lors, l’austérité de cette poésie invite, le lecteur à une semblable ascèse par et sur la langue. (Extrait de l’article).
  • Matthieu Baumier in Recours au poème –Sommaire 38- 21/02/2013.
    La poésie de Núñez Tolin par nombre de ses aspects fait penser aux grands textes des théologiens dits négatifs, Silésius ou Eckhart, ainsi du reste qu’aux maximes des sagesses de l’orient. Une même quête de la présence dans le concret de la matière vivante ici-bas. Et cette volonté acérée d’être soi-même présent au réel de l’instant, la chose la plus difficile en fait pour un homme. Être . […] Une poésie de la présence, presque une méditation servie par la litanie récurrente du titre, revenant souvent dans le corps du livre. Méditation : […] On pense alors au dernier Daumal. Ce recueil est un face à face serein avec la respiration qui nomme ce monde. (Extrait de l’article).
  • Lucien Wasselin « Nœud noué par personne» in Revue Texture, Chemins de lecture. 04.02.2013.
    La poésie peut-elle philosopher ? Oui, sans doute, à la condition de ne pas verser dans la sécheresse du concept, de continuer à cultiver une parole concrète, nourrie de mots rendant compte – de manière plus ou moins allusive, plus ou moins précise – du réel sensible. (Extrait de l’article).
  • Laurent Albarracin in Images de la poésie, 08.11.2012.
    Comment toutefois penser les choses, comment élaborer une pensée poétique qui soit respectueuse des choses dans leur apparition, comment en quelque sorte tenter de rapatrier le métaphysique dans le monde ? Peut-être est-ce simplement en refusant d’en éclairer à tout prix la face obscure, ou bien au contraire en acceptant de n’explorer celle-ci qu’avec des lampes d’ombre. Il semble bien en tout cas qu’il faille commencer par cesser – de vouloir, d’atteindre, de dire […]. (Extrait de l’article).
  • Yves Namur. Le Journal des Poètes, n°3, 2012 (Bruxelles).
    « Le tutoiement des autres » de Serge Núñez Tolin, ce poète belge publié au Cormier et récemment chez Rougerie, une écriture dense, concise et à la fois très profonde. » (à propos de la parution d’un extrait inédit dans la revue NUNC. (Extrait de l’article).
  • Marc Dugardin « L’ardent silence » in Le Journal des Poètes, n°4, 2010 (Bruxelles) :
    « Ardent silence, ardente écoute, regard qui s’ouvre sur le monde, tend à se libérer de tout ce qui l’encombre, à commencer par l’excès de soi. On respire, ce qui est le plus simple et le plus exigeant des rapports avec le monde, ce monde qui ne nous veut rien, ne nous demande rien, pourtant est le tout de ce qui nous est donné. » (Extrait de l’article).
  • François Boddaert, Le Mâche-Laurier, n°22, juin 2004 (Sens) :
    « Une écriture âpre, dense -une méditation sur le mot comme chair vive et blessée. » (Extrait de l’article).
  • Gaspar Hons « Silo » in Le Mensuel littéraire et poétique n°301, 15 mai 2002.
    “Marcher dans un livre jusqu’à ne plus savoir si la nuit précède le jour, ou si le jour porte la nuit. Divaguer, suivre les itinéraires les plus compliqués, les plus confus, avoir l’intuition de la folie, et continuer malgré tout. On entre dans un livre pour le traverser, on est en définitive traversé par lui. On franchit un précipice, on finit par aimer la distance qui [nous] a séparé de la chute. […] Serge Núñez Tolin s’est dégagé de toutes les attaches encombrantes, éthiques, philosophiques, affectives, pour entrer en poésie, enfin, les mains libres ? »  (Extrait de l’article).