Je pleure dans les seins de Bruxelles, Bruxelles pleure dans ma poche.
A l’automne les oiseaux du sud Volent dans le ciel bruxellois. Les oiseaux volent dans le ciel et le ciel dans les oiseaux. Du nord volent les coeurs affamés D’amour et d’enfants. Du sud reviendront les enfants Affamés de calme et de froide patrie. Moi, je ne vole pas, je chante par les rues de Bruxelles. Et les rues, les ruelles même de Bruxelles, chantent en moi. Ainsi allons-nous de pair, dans nos fors intérieurs moraux. Mais nos fors extérieurs ne vont pas de pair. Il nous manque Un intermédiaire pour faire connaissance l’un de l’autre. Faute de trouver cet entremetteur je pleure dans Bruxelles Et Bruxelles pleure en moi. Nous sommes deux pleureurs, Je pleure dans les seins de Bruxelles Bruxelles pleure dans ma poche. Je verse des larmes sur mon pauvre Bruxelles, Mais elle n’en verse plus sur moi, Elle m’a envoyé une convocation Grosse de l’éternelle angoisse Qu’à l’heure dite au guichet je recevrai L’ordre d’expulsion des personnes Sans permis de séjour en règle.