Comme un autre jour ce monde,
comme un autre monde ce jour
La fenêtre
ouverte
dans la maison
le vent
et la lumière
sur la table
le pain
le crayon
ma main
Quand je ne sais pas
je réclame
la science
dans le tonneau
l’eau de pluie
et je pleure
sans comprendre
J’écris
parce qu’entre ciel et terre
il y a plus de poèmes
que de nuages
Je suis
passé
en devenant
tout
ce qui ne sera
jamais
J’habite dans un creux
entre rêve et sommeil
un refuge
entre
être et oubli
A me voir
maintenant
je ne retiens
rien
ne reste tel
que se souffle
qui s’éteint
en moi
Ce qu’il y a de mystérieux
dans le mystère
c’est qu’on ne sait pas
l’avoir
compris
Dormir
serait se reposer
du rêve
Ce moment
d’éternité
passe très vite
tout le temps
J’avais vraiment
beaucoup à faire
je suis donc vite
resté assis
là tout
s’est passé
On tourne en rond
où nous allons
c’est d’où nous venons
ce qui parait deux
s’avère être
un
sur place
on piétine
Il y a tellement
à faire cependant moi
je suis là
Quand je me perds
égaré
dans le silence
subitement
le sourire
du petit
Bouddha
Pour être
libre
il ne faut jamais rien
faire
La légèreté
est comme la liberté
jamais le résultat
d’un effort
Chaque jour
je suis à nouveau
seul
Ce qui est effrayant
ce n’est pas la mort
mais comment
on se préserve
de la vie
Ce ne sont pas
les virus qui font peur
mais la fragilité
de ce que nous sommes
peu
en mourant
la vie ne s’arrête pas
elle fait comme le vent
et se déplace
vers ailleurs
aussi
c’est nous
Ce qui paraît
n’est pas
possible
L’éternité non plus
ne dure
Comme il s’avère
que j’ai tout
ce que j’avais désiré
je constate aussitôt
que je voulais plus
oui plus que tout
et que même l’éternité
ne dure pas
assez
Voir tout comme une illusion
fait part de l’illusion
On ne sait rien
tenir
ce n’est qu’une posture
un geste
qui ne tient rien
et ne tient
à rien
Tomber de nulle part
comme la neige
léger et froid
se poser
sur tout
chercher la chaleur
et ainsi
disparaître