NOËL Florence

Cordonnées

Biographie

Née à Ciney, elle écrit depuis l’enfance. Vit à Ciney puis Eghezée, puis Salzinnes, Bruxelles, Kraainem et enfin Enines (Orp-Jauche). Fait ses étude à Louvain-la-Neuve en Histoire (époque contemporaine) et orientalisme. Travaille dans diverses entreprises dans la gestion de projets et électronique documentaire, avant de se consacrer à l’enseignement. Publie en ligne et collabore à divers projets littéraires sur internet depuis 1999, surtout des lieux qui stimulent son envie d’écrire. A fait partie du comité de lecture d’Ecrits-vains et des listes de partage littéraire comme Pages libres. A fondé le site Francopolis. A créé la revue littéraire et artistique DiptYque de 2010 à 2012 (3 numéros et plus de cent collaborateurs). Collabore régulièrement avec des poètes ou des artistes comme Sylvie Durbec (Vu des couloirs scéniques) ou Pierre Gaudu (Branche d’acacia brassée par le vent). A obtenu le prix Delaby-Mourmaux de l’Association Ecrivains Belges pour « Solombre » en 2019.
Photo © Rio Di Maria

Bibliographie

  • Pavane pour une nebbia, poésies, Colomier, éd. Encres Vives, col. Encre Blanche, 2015.
  • Vu des couloirs scéniques, poésie, illustrations de Sylvie Durbec, éd. numérique « Revue Ce qui reste », 2016.
  • L’Étrangère, poésies, Dinant, éd. Bleu d’encre, 2017.
  • Solombre, poésies, Châtelineau, éd. Le Taillis Pré, 2019.
  • Branche d’acacia brassée par le vent, Huit mouvements, poésies, Louvain-la-Neuve, éd. Le Chat Polaire, 2020.

Textes

d’un fruit peut-être….

encore faut-il forcer cette
dignité de la souffrance
là où je
agonit dans le feu
car pâlissent tous ces jours naissants
gantés de ramures étiolées
leur sève pulsatilement
esquisse l’épure d’une branche
d’une feuille, d’une fleur
d’un fruit peut-être
pendant en contre-jour
de nos bouches

encore débusquer la sympathie des cris
leurs unissons vaines
et équarrir l’indolence des larmes
– bouillon d’yeux –
comme appui pour le renon

*

annonce-moi, d’un rêve
d’un cil enluminé d’ailes
au palier d’une nuit sans prières
annonce-moi l’issue,
le simple geste de l’invite
à la danse

la clé, les champs,
cette orée, l’entre-deux à jamais
et cette cadence douloureuse
qui ponctue les heures
recouvertes par l’ivraie

*

c’est ainsi retrouvée et blanchie

 

à Isa

c’est ainsi retrouvée et blanchie

tu sais comme au matin cette ville

se poudre de lumière

guettant le fiancé charrié des gares

et c’est ainsi que revenant à la loi

d’un être qui

est toi

mais qui est ce toi emprunté à mes épaules

j’ai revécu l’étrange d’un franchissement

des lisières fractales de l’automne

ses sentiments tourbillonnants et

ses maladies de passages

initiant à l’humble des bénédictions

c’est là que le vivant s’est enquis du revenant

que le mouroir a fermé faute de feux

que les matins ont reflué sous le fer

des grands chevaux de soifs et de coups d’amble

c’est là ce savoir d’attouchement de lignes

tes doigts et mes doigts et le parterre dessous

son efflorescence glacée

et que j’ai malgré tout su qui du corps

ou de l’esprit

veillait au surgissement des soifs

 

Florence NOËL

Extrait du recueil inédit « Survenir soif ».