sa ALTAMIRA Frédéric - Maison de la poésie et de la langue française de Namur

ALTAMIRA Frédéric

Biographie

Auteur (poésie, nouvelles, chroniques) bruxellois.

Bibliographie

Son premier recueil de poésie, Méandres dominants, a été publié en 2007, aux éditions Artésis, ré-édité via the bookedition.
Finaliste du Prix du Jury et du Prix du Public, Gros Sel.

En 2011, il édite son second recueil de poésie : Ce qui fu(i)t (comme un éclat d’extase), présenté à la foire du livre de Bruxelles .  

En 2013, il publie son tout premier recueil de nouvelles: Le débattoir des condamnés en rut. Recueil qu’il définit comme une collection d’instantanés de vie surexposés et de chroniques sans pudeur.

En 2016, sort son nouveau recueil de poésie: L’in/di/visible écho du regard,
recueil de photographies et de poésie. Un travail sur l’instant saisi, la lumière et les mots qui s’en échappent.
 
Tous ses recueils sont référencés et disponibles à la bibliothèque Royale de Belgique.

Critiques/Chroniques littéraires de ses recueils publiés:
– Méandres dominants’> lire est un plaisir
– Ce qui fu{i}t ‘> lire est un plaisir
– Shaïne Pontet : Les coups de coeur de C d’EGO 
– Télévision: Invité: Livre de bord 
– Court metrage: Poète maudit: Vis-à-vis: court métrage de Fred De Loof 
– Radio: Invité: Emission spéciale poésie sur Radio Panik 

Site personnel et lien 

 http://f-altamira.skynetblogs.be/about.html

http://www.thebookedition.com/fr/7538_frederic-altamira

Textes

Nue de sueur

 

Je me noie en délice dans les jungles humides
d’un torrent tamisé
tu m’es mer, salvatrice, une étendue languide
qu’absorbent mes pensées

En présence, en absence, invincible, j’exulte
lorsque te recouvrent ces limpides ondées
averses lentes que ta gravité sculpte
exsudation charnelle en expansion moirée
sur l’écorce asséchée d’un fantasme attisé

Naïade en suspension dans les draps nuageux
toutes les nuances, chaque sens, impérieux
de tes éclairs salés,
de tes perles sacrées,
s’inventent scintillement et s’invitent pléthore
se disputent l’honneur d’un reflet sur ton corps

Nées du creuset ventral imprégné de moiteur
l’obsession accolée aux charnelles luisances
la crue de possession débordant de torpeur
se déversent en coulées frémissant d’urgence

Illusion d’éternité, d’inextinguibles pluies,
mes ors de plaisir sont larmes d’épidermie!

A ce festin des éphémères luxuriants
la danse des nages immerge infiniment
les enveloppes soudées sous une partition
constellée de dômes clairs rendus à la fusion

Que se dissolve ensuite une nacre épuisée,
et que s’élève en évaporations mêlées
la nue sublimation de nos corps sous la transe
habillés de sueur suspendue au silence…

 

N’être à l’autre

 

A-t-on jamais été soi dans les bras d’un autre
partageant la sueur, le mystère, le plaisir
ou est-ce un simulacre dans lequel on se vautre
une détresse maquillée pour ne pas se haïr?

Lorsque la peur de l’absolu devient insoutenable
lorsque écoeuré des scrutations cherchant le fou
que l’abattement étreint méthodique l’indésirable,
l’hédoniste peureux s’abandonnant au dégoût.

Alors plonger dans l’amour comme ultime recours
s’oublier dans la folie, la démence, la furie.
Alors se jeter sur l’autre comme un au secours
occulter qui l’on est et ce que l’on envie
pour donner, déverser, étancher en détours
transformé, déformé, cachant le moi ennemi.

Tandis que râles s’écoulent et que tremble le sang
Vais-je trouver refuge en un tel abandon,
courage d’inciser la membrane d’illusions
et naître vrai à l’autre en un vincible élan?

N’être plus ailleurs que là, les corps entremêlés
comme une proie facile, transparence écarlate
capable de m’offrir au jugement éclairé
par l’émergence de mes ombres les plus ingrates.

Il me reste le choix d’encore dissimuler
avec facilité de mentir, alternant
entre ce que l’on montre et ce qui est nié
gardant farouchement ce graal abrutissant

pour ne donner de moi qu’un relief polissé
une armure imparfaite aux reflets rassurants.

Mais se donne-t-on alors à l’être désiré?
Partage-t-on le vrai unis dans la torpeur
alors que séparés par deux autres damnés
consumés par nos feux et éteints par nos peurs ….?