Poèmes inédits, par Irène Stecyk


Auteur : Irène Stecyk
Pierre qui roule n’attend pas.   Prends tes jambes à ton cou Devine la suite comme tu pourras   Il y eut ce temps Où je n’osais plus porter les yeux Au plus profond de moi-même Craignant l’éclair de la foudre Que je tenais enfermée dans ma poitrine.   Il y avait là Au plus profond Une mare peuplée de monstres Agitant mains, griffes et tentacules Il y avait là l’horreur absolue.   Celle dont on ne revient pas.       Parler de la vie Ou de la mort C’est la même chose A bien y regarder.   Tu veux la vérité ? Nous cherchons l’Apocalypse Sans le savoir. Nous fardons nos lèvres Et le miel coule de nos doigts Certains jours.       Porter le deuil Faut-il le porter à bout de bras ? Le poser sur ses épaules ? Ou l’empaqueter dans du papier gris ? Un sac à dos serait le bienvenu Ou un cabas de belle taille L’important c’est d’être capable de soulever ce poids.   Porter le deuil En équilibre instable Posé sur la tête Comme font les femmes des Hauts Plateaux Porter, porter Jusqu’à la chute absolue Dans le noir Absolu.       Je ne veux surtout pas conduire ma vie Je veux l’habiter Comme un train fantôme Qui traverse le rêve d’un enfant fou Je veux mettre l’impossible Dans mon sac à main Entre poudre de riz et menue monnaie Manier les vérités premières Comme quelques grains de sable Cette poussière qui déjà se devine Sous la chair joyeuse Et la peau satinée D’aujourd’hui.     Irène STECYK   Poèmes inédits

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