« Le vers claudélien, langage « naturel » ou « insolite » ? », conférence de Marine Deregnoncourt

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« Le vers claudélien, langage  » naturel  » ou  » insolite  » ? Réflexion et analyse à partir de différentes mises en scène de Partage de midi de Paul Claudel. »

[L’incertitude régnant toujours quant au printemps de la culture, nous avons choisi de proposer cette conférence via Zoom. Vous pourrez y assister en direct et interagir avec la conférencière ensuite. Le lien est disponible sur réservation : info@maisondelapoesie.be]

Dès qu’un metteur en scène entend appréhender le théâtre de Paul Claudel, il se voit immédiatement confronté à un problème de taille : le vers claudélien. En effet, la physionomie sensuelle et baroque des œuvres claudéliennes « n’a rien de français »1. Paul Claudel se situe véritablement en dehors de cette tradition théâtrale et se méfie d’ailleurs des acteurs français. Fort de ses séjours internationaux en tant qu’ambassadeur, ce dramaturge ne rédige pas comme la plupart des auteurs français.

Tout d’abord, nous commencerons notre exposé en tentant de démontrer ce qui précède par des extraits sélectionnés de Partage de midi. Cela va nous conduire ensuite à nous intéresser plus particulièrement à cette pièce. Plus qu’aucune autre, cette œuvre, à forte teneur autobiographique, est caractérisée par l’érotisme. Ysé et Mesa, les deux protagonistes principaux, sont unis par une relation, non seulement, amoureuse, mais aussi, charnelle. En témoigne la scène 2 de l’Acte II de Partage de midi.

Nous verrons, in fine, que l’histoire de la tradition des mises en scène de cette « scène d’amour » démontre que certains metteurs en scène vont davantage privilégier un érotisme cérébral et textuel, tandis que d’autres vont plutôt s’axer sur un érotisme physique et corporel, où le toucher entre les partenaires est d’importance2.

 

Diplômée de l’UCL (Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve en Belgique) depuis le 1er juillet 2016 d’un double master en Latin-Français et en Musicologie et agrégée depuis le 29 juin 2018 en Latin-Français, Marine Deregnoncourt a débuté, le 15 novembre 2018, sa thèse de doctorat, sous la double direction de Madame Sylvie Freyermuth (Université du Luxembourg) et de Monsieur Pierre Degott (Université de Lorraine, Metz), provisoirement intitulée : « Marina Hands et Éric Ruf face à Phèdre de Jean Racine et de Partage de midi de Paul Claudel ». Autrice de nombreux articles scientifiques, participante à différents congrès scientifiques et créatrice d’un « carnet de thèse » sous forme de Blog sur le site Hypothèses, elle est devenue, avec honneur et bonheur, le 1 er décembre 2020, assistante-doctorante de sa directrice de thèse, Madame Sylvie Freyermuth.

 

1 Emmanuelle KAËS, Paul Claudel et la langue, Classiques Garnier, Paris, 2011, p. 50.

2 Nos propos à venir se fondent majoritairement sur le mémoire de master de Hyun Joo Lee : L’évolution des mises en scène de la scène d’amour de l’acte II entre Mesa et Ysé dans « Partage de Midi » de Paul Claudel et la problématique de la sexualité, Mémoire de Master présenté à la Sorbonne nouvelle, Faculté des Lettres (Christine Hamon-Siréjols, directrice), Paris, 2008, 203 p.