COLLEYE Raymond


Biographie

Bibliographie

poésie
  • Les jeux de la Chair et du Coeur, Ed. Lumière, Anvers.
  • Nerveusement, Ed. La Pensée française, Paris.
  • Avril, Ed. Sepi, Bruxelles.
  • Les Arabesques passionnées, Ed. Sepi, Paris

théâtre
  • Une Nuit florentine, Ed. junior, Bruxelles, ( en coll. avec M. Boué De Villiers.)

roman
  • Les Trois Voluptés, Ed. Occident, Paris.
  • La Femme et le Péché, Ed. Sopel, Bruxelles.

reportage
  • Les vendeuses d' illusions, Ed. Sepi,  Paris.

Textes


Robe de soie

Ta robe ?
Une strophe au poème de ta beauté.

J' en aime la soie
sombre et colorée,
la finesse irritante du grain
voluptueux à mes mains.

J' en aime le style,
Ta robe suit la ligne pure de ta chair
comme mes yeux te dessinent,
comme mes doigts
quand ils te sculptent de caresses.

Ta robe épouse ta nudité
des seins aux reins.

Et si tu l' enlèves
dans le geste des bras
qui te livres,

Elle n'est plus qu'un doux frisson de soie
une chose morte
sur cette chaise.
Elle ne vaut plus que par le parfum de ton corps
que jaloux j' aspire sur elle.

Mais si tu te glisses en cette gaine floue
l' étoffe aussitôt vibre et palpite.

A mes paumes nait la double volupté
de la soie et de la chair à la fois fraîche et chaude.

Mets-toi nue sous ta robe.
Tu doubleras mon plaisir
car tu seras deux fois
dévêtue.

extrait de Largo

Quand cet amour sera détruit
                                                  " Les adieux éternels sont faux et périssables
                                                 Ceux qui se sont aimés ne se séparent pas "
                                                                                                  Maurice Magre
Le jour où cet amour que nous avons bâti
avec nos poings, avec notre âme et nos baisers
le jour où cet amour ardemment édifié
sera détruit,

il restera, au lieu même de son essor,
une empreinte si forte
que pour l' effacer
il faudra dépasser, la Mort.

Tu auras pu, parfois, te dire : ' Je m' évade "
et , loin de moi,
essayer de livrer, à tes sens, un combat.
Le coeur ne se tue pas avec une bravade.

Tu pourras certain jour accepter l' autre amant
Te laisser envoûter de gestes et de musique
et vivre ainsi, sous ce nouvel enchantement,
où l' orage des sons de dispute à mes mots.

Je serai toujours là.

Et je pourrai mourir aussi de ma douleur.
Mon sang évaporé viendra noyer ton coeur ;
mes yeux toujours vivants caresseront ta chair,
avec ferveur,
et mon corps englouti
ne cessera, jamais, d' irradier
le souvenir profond de nos gestes ardents.

Mais peut-être aussi, plus simplement,
nous rencontrerons - nous
dans la fièvre d'enfer des rues indifférentes ?

Après des mots cruels et des accents de haine
des jours auront passé.
Et lorsque nous serons
immobiles et muets devant cet amour mort,
Tu sentiras ton coeur se tordre
Ton ventre frémir encor.

Et nous murmurerons ces vers de sang et d' or :
" Les adieux éternels sont faux et périssables
ceux qui se sont aimés ne se séparent pas. "

extrait de Largo

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