LIBERT Béatrice


Biographie

Béatrice Libert est l’auteur de poèmes, récits, nouvelles, roman, essais, livres pour la jeunesse. Formée aux arts de la parole, elle donne des lectures scéniques, accompagnée de musiciens. Depuis plus de 30 ans, elle anime des ateliers d’écriture.
Elle dirige deux collections aux éditions Couleur Livres: L’Horizon délivré (arts et pédagogie) et Carré d’as (poésie illustrée pour la jeunesse).
Elle a fondé et dirige le Festival des Arts à Cointe (Liège). Elle pratique aussi la peinture.
Après avoir enseignée le français et le théâtre, elle se consacre à l’écriture et aux arts.
En 2017, elle a été faite citoyenne d’honneur de la ville de Liège.

 

Elle vit en Wallonie.

Bibliographie

Poésie
Ce qui vieillit sur la patience des fruits verts, anthologie, préface d’Yves Namur et peintures de Francis Joiris, Le Taillis Pré, Châtelineau, 2018.
Battre l’immense, Corlevour, Clichy, 2018.
Au seuil de l'ange, Editions Vagamundo, préface de Lionel Ray, Pont Aven, 2017.
A consommer de préférence avant la date indiquée au verso, (extraits), La bafouille incontinente n° 39, avant-dire de Jean-Pierre Verheggen, éditions Boumboumtralala, Liège, novembre 2015.
L’aura du blanc, Le Taillis Pré, préface de Pierre Somville, dessins de Motoko Tachikawa, 2016.
Entre tes lèvres, La Porte, Laon, 2015.
Demeures de l’éveillé, Presses littéraires, Prix de l’édition poétique de la Ville de Dijon 2015.
Un chevreuil dans le sang, L’Arbre à paroles, préface de Laurent Demoulin, 2014.
La route n’enfante que l’adieu, L’Atelier du Grand Tétras, avec 16 encres de Raphaël Ségura, Mont-de-Laval, 2014.
Jamais le chant ne se taira, dessins de Jean-Marie Pieron, édition artisanale, 60 exemplaires, Liège, 2014.
Pan a los gorriones, Paso de Barca, Barcelone, 2013, version espagnole de Myriam Montoya : anthologie personnelle ; choix de poèmes en version française et espagnole.
Problaimes, mat & mathique, Digne-les-Bains, 2013, illustrations de Pierre Laroche.
Ecrire comme on part, poèmes, Le bruit des autres, 2013, Limoge.
Alphabet en quête d’auteurs, Ficelle n°112, dessins de Vincent Rougier, 2013.
Dans les yeux des fruits verts, Encres Vives N°412, Colomiers, 2012, postface de Maurice Corne.
Les couleurs du dedans, Barde la Lézarde, Paris, 2011, coll. foL’Ivre ; dessins et interventions plastiques de May Livory.
Passage du laitier, auto-édité, L’Orme, Liège-Cointe, photographies de Bert Van Pelt, 2011. (éloge de Liège)
Das Zünd Blättchen, (extraits) version allemande de Rüdiger Fisscher, édition Dreizeichen, Meissen, 2010.
Avec, Encres Vives N°375, Colomiers, 2009, postface de Jalel El Gharbi.
L’Instant oblique, L’Oreille du Loup, Paris, 2009.
Ton corps, Rochefort-du-Gard, Alain Benoît (+), 2008, nus de Pierre Cayol.
Passage et permanence, Le Tétras Lyre, Soumagne, 2008, gravures d’Annie Gaukema.
Paroles du soir, Alain Benoît (+), Rochefort-du-Gard, 2007, encres d’Anne Slacik.
Edward Hopper : en regard de ses tableaux, poèmes, Poiêtês, Lux, 2006, avec Ch. Durand-Le Men ; préf. de J. El Gharbi.
Etre au monde, La Différence, Paris, 2004.
Alphabet blanc, La Porte, Laon, 2004.
Litanie pour un doute, Encres Vives, N° 313, Colomiers, 2004.
Le jardin fragile, Alain Benoît (+), Rochefort-du-Gard, 2004, dessins de Martine Chittofrati.
Le Passant fabuleux, Autres Temps et Les Ecrits des Forges, Marseille, 2003, avant-dire de Jean-Marie Magnan.
Le rameur sans rivage, version roumaine par Gabriela et Constantin Abaluta, Universal Dalsi, Bucarest, 2002.
Petit bréviaire amoureux, Arbre à paroles- Ecrits des Forges, Trois-Rivières, Qc, 2002, avant-dire de Marcel Moreau.
En vertu de nous-mêmes, Tétras Lyre, Soumagne, 2001, encres de Maria Desmée.
Regards croisés, La Porte, Laon, 2001, photographies d’Etienne Pierlot.
L’heure blanche, Encres Vives N°252, Colomiers, 2000, postface de Jean Joubert.
Le rameur sans rivage, La Différence, Paris, 1999.
Vol à main nue, L'Arbre à paroles, Amay, 1998.
Le bonheur inconsolé, L'Arbre à paroles, Amay, 1997.
Lingua desiderio sgomento, version italienne de Francis Tessa, coll. Traverses, 1995.
La Passagère, Bruxelles, Vie Ouvrière et Paris, Pierre Zech, 1994, dessins de Véronique Boseret.
La langue du désir et du désarroi, Amay, L’Arbre à paroles, 1991, coll. Le Buisson ardent.
Baisers volés à Paul Eluard, suivi de Remparts, Bruxelles, Vie Ouvrière & Paris, Pierre Zech, 1989, dessins de Fany Germeau.
Parades, Bruxelles, André De Rache, 1983, couverture d’Edmond Dubrunfaut.
Invitation, Liège, Thalia, 1979, avant-dire de Jacques Henrard.

Anthologie
A claires voix, choix et avant-dire; 18 auteurs de mes ateliers d’écriture pARTage, à la Maison de la poésie de Namur; L’Arbre à paroles, 2013.

 

Poésie - collection pour la jeunesse
Fables pour notre temps, Edition du Ravin, Digne-les-Bains, 2017, illustrations de Pierre Laroche.
Adieu veau, vache, cochon, couvée, Edition du Ravin, Digne-les-Bains, 2016, illustrations de Pierre Laroche, 120 exemplaires, numérotés et signés. Avant-dire d’André Goosse.
Où va la lune quand le jour se lève ?, Couleurs Livres, collection Carré d’as, 2016, dessins de Sylvie Kyral.
Dans les bras du monde, Soc et Foc, 2014, illustrations de Nancy Pierret.
La marmite de la marmotte, éditions Henry, illustrations en couleur de Bénédicte Boullet.
Le bestiaire en folie, dessins de Xavier Laroche, éditions Couleur Livres, collection Carré d'as, 2011.
Saison des extravagances, dessins de Willy Welter, Gros textes, 2011.
Un arbre cogne à la vitre, Pluie d'étoiles, Toulon, 2000, illustrations de Fabrice Parra.
• Le chevalier des sept couleurs, mise en images de Mathieu Schmitt, éditions Vagamundo Jeunesses, Pont-Aven, 2018.

 

Proses

Sonate en la majeur, roman, Le bruit des autres, Limoges, en 2012.
Dans le ventre des femmes, BSC Publishing, Paris, 2012, ouvrage coordonné par Maïa Brami, collaboration avec un récit : "Lettre à mon utérus".
Musique de chambre, proses poétiques, Le Bruit des autres, Limoges, 2010.
Lettres à l’intemporel, nouvelles épistolaires, Le Bruit des autres, Limoges, 2010.
Une enfance au creux des mots, récits autobiographiques, Couleur Livres, Charleroi, 2005.


Essais

Entrer dans l’univers de Nancy Pierret, illustratrice et créatrice pour la jeunesse, carnet pédagogique, Echevinats de la culture et de l’enseignement de la Ville de Liège, 2013.
Au pays de Jean Joubert : regarder lire écrire créer, Couleur livres, Charleroi, 2012.
Au pays de Maurice Carême : regarder lire écrire créer, Couleur livres, Charleroi, 2010, prix d' études littéraires Maurice Carême 2011.
Au pays de Magritte: regarder lire écrire créer, Couleur livres, Charleroi, 2009.
Jean Joubert, parcours poétique, L'Arbre à paroles, Amay, 2006.
Aborder la littérature contemporaine au collège, l’exemple de Jean Joubert, ouvrage coordonné par Pierre Ceysson Avec Suzanne Ceysson, Jean-Pierre Errera, Jean-Luc Gaudet, Béatrice Libert, Christine Lorent, Centre régional de documentation pédagogique de Lyon, 2001.
Marie-José Viseur, Dossier L, Service du Livre Luxembourgeois, Marche, 1999.
Jean Joubert, en collaboration avec M-C Masset, L'Arbre à paroles, Amay, 1996.
La classe de français en fête, Dessain, Liège, 1983.


Monographie

Entrer dans l’univers de Francis Joiris, artiste cartoniste, éditions Le Taillis Pré, Châtelineau, 2015.
Chantal Bietlot, artiste peintre, chez l’artiste, Visé, 2006.


Revues

De sous la lampe, L’Arbre à paroles n°147, été 2010; coordination du numéro, préface et présentation de l’artiste créateur de lampes Andras.
La poésie, entre vers et prose, dans "Le français dans tous ses états", N°37, 1998, Montpellier.
Credo, dans "Français 2000", janvier 1995, n° 143/144, SBPF, Bruxelles, "Enseigner la poésie ?"
J’ai pris goût au mot prune…, dans "Enjeux", N° 24, Enseigner la poésie, Namur, décembre 1991.


Parution de deux recueils de poèmes en traduction roumaine 

- Fericirea nemingiiata / Le bonheur inconsolé, Traduction en roumain de Luiza Palanciuc, Editions LiterNet, Collection PONTIS, 2005 http://editura.liternet.ro/carte.php?carte=128

- Trecatoarea / La Passagère, Traduction en roumain de Luiza Palanciuc, Editions LiterNet, Collection PONTIS, 2005 http://editura.liternet.ro/carte.php?carte=127

Béatrice Libert a reçu le Prix Arcadia 2012 pour son recueil Petites paroles avant la nuit. Elle est également lauréate du Prix de Poésie Simone Landry 2013 pour "Opéra poème", La voix de mon père et Alphabet blanc. Son recueil Écrire comme on part (Le Bruit des autres, 2013) a reçu le prix Jean Kobs 2014 de l'ARLLFB. Demeures de l'éveillé est lauréat du Prix d'Édition poétique de la Ville de Dijon 2015.

À consulter 

Libert, Béatrice. Poèmes inédits. In : Traversées, n° 61, hiver 2010-2011, p. 63-64.
Biblirama, n°101, 3ème trimestre 2011.

Textes


Mon ombre crie famine
ameutant le quartier
où mes pas énumèrent
leurs secs copeaux de bruit
Rien à lui mettre sous la dent
Pas même un peu de sagesse
Mon ombre tire sur sa laisse
lape une flaque d’eau morte
lèche quelques mies de bonté
Je secoue sa lourdeur
Je la plie proprement
comme un mouchoir de pluie
et glisse dans ma poche révolver
sa lame de chagrin
 
 
                   >>>
 
 
Quelle nuit s’endort en toi ?
Quel visage derrière cette nuit ?
Quelle aube te rejoindra
sur quelle rive  de quelle joie ?
Quel mot à ses lèvres
pour transformer le monde ?
 
 
                   >>>
 
 
Ne pense pas, dit-elle,
écoute.
Les pensées butent contre les choses.
Elles empêchent d’aller.
 
N’écoute pas, dit-elle,
touche
La peau est parole visible.
Le geste aime creuser l’absence.
 
Ne touche pas, dit-elle,
goûte.
Le fruit ne défend rien.
Il attend et nous mûrit.
 
Ne goûte pas, dit-elle,
sens.
Le parfum est au corps
ce que l’âme est au poème.
 
Ne sens pas, dit-elle,
regarde
et vois plus loin que le visible
le mystère bourgeonner.
 
 
                   >>>
 
 
A la fin du poème
j’aurai l’air de mourir
un papillon sur l’épaule
 
Comme un pollen
quittant son étamine
j’aurai l’air de rejoindre
le vide qui m’a créée
 
J’aurai le pas léger
du dernier vers
écrit un dernier soir
 
Il fera jour
Les rues seront en fleurs
 
 
                   >>>
  
Tu traces des mots sans ombre
qui tiennent par la racine de l’angoisse
Tu écris en trouvère  En femme qui trouve
au-dedans au-delà ce qui nourrit :
le feu d’un bleu incommensurable
 
 
                   >>>
 
 
PAIX A LEURS VISAGES
 
Mon visage a été vitriolé
Mes yeux ont été vitriolés
Mes oreilles ont été vitriolées
Ma bouche a bu du vitriol
Mon corps transpire le vitriol
Mon âme sue le vitriol
Qui oserait me regarder?
Je n'ai plus de visage
Juste deux trous pour le regard
et un filet de voix
qui filtre entre des lèvres mortes
Je suis une morte-vivante
Mon mari m'a chassée
Mon père ne veut plus me voir
Ma mère ne veut plus me voir
Mon frère me jette à la rue
Je suis bannie de ma propre peau
Je suis murée dans ma sale vie
Pourtant j'aimais je lisais j'élisais
J'étais l'épouse de mon époux
seconde troisième peu importe
Pourquoi soudain ce cri jaloux?
Je n'ai plus de visage
Je n'ai plus d'âme pour prier
A peine des mains
Je ne suis plus qu'un long voile noir
une cape de suie
un fourreau de deuil
que le jour froisse et froisse
et froisse de sa main
 
(écrit à la suite du reportage d'une journaliste iranienne, consacré à des Iraniennes persécutées, diffusé par la RTBF, dans son émission Hebdo, en janvier 2004.)
 

Commentaires


À propos de l'essai Au pays de Maurice Carême (Couleur Livres, 2010)

" Qu’aurait pensé Maurice Carême de la place que sa poésie a prise dans l’enseignement de la langue française à tous les niveaux ? Béatrice Libert cerne de page en page dans cet essai, avec une étonnante lucidité et un sens aigu de l’essentiel, l’inimaginable diversité d’une œuvre qui s’ouvre à tous les publics. Elle sait d’emblée que la poésie pour les enfants, cela n’existe pas. « C’est de la poésie », affirmait le poète de « Mère ». Et il insistait « Les enfants ont droit comme les autres lecteurs au meilleur ». Le temps est venu d’ailleurs où, dans les manuels scolaires en France notamment, ne paraissent plus que des textes de première valeur et de grands poètes. Maurice Carême y détient une place de choix. L’essai de Béatrice Libert, s’il en était nécessaire, le réaffirme. De l’œuvre carémienne, elle n’exclut aucun aspect ni celui d’une grâce aérienne ni celui parfois tragique qui aborde les thèmes existentiels de l’homme. Ce qui émerveille aussi dans l’essai, c’est la diversité des approches pédagogiques proposées, sans que jamais ne soit oubliée la fascination que la poésie ne cesse d’exercer sur ses lecteurs. Est soulignée aussi ce prodigieux apport de vocabulaire que la poésie permet mieux que toute autre forme de littérature. Carême en fut à ce point persuadé qu’il n’hésita jamais à inclure dans cette simplicité du langage dont il eut le génie des termes moins usuels. Ce livre s’avère une mine pour tous les enseignants de la langue française. Non seulement par tous ses aspects pédagogiques – ils sont d’une variété inouïe – mais aussi par l’extraordinaire anthologie de poèmes qui illustrent cet essai. Bien sûr en grande majorité puisés chez Maurice Carême, mais aussi chez d’autres très nombreux écrivains contemporains, vivants pour la plupart. Dans notre pays, où le manuel scolaire a quasi totalement disparu, cet ouvrage va s’avérer un outil indispensable à l’apprentissage de la langue française. "  

Prix d'études littéraires Maurice Carême 2011.