WEUSTENRAAD Théodore


Biographie

Jean Théodore Hubert Weustenraad, né en 1805 à Maastricht et mort en 1849 à Namur, était un poète belge qui a écrit en français, mais aussi en néerlandais et en limbourgeois.

Il a écrit, pendant ses études à Liège (1823-1827) sous l'influence du professeur Klinker, quelques poèmes patriotiques en néerlandais. En 1830, il a aussi écrit la plus célèbre satire et roman libertin du Limbourg, De percessie vaan Sjerpenheuvel (« La procession à Montaigu ») en limbourgeois de Maastricht. Il partit ensuite pour Bruxelles où il participa à la Revue de Belgique.

D'abord influencées par le saint-simonisme, ses convictions devinrent de plus en plus socialistes. Convaincu également du bien-fondé du progrès technique de son temps, il le chanta dans deux poèmes célèbres : Le Remorqueur (1840) et Le Haut-fourneau (1844). Il publia en 1848 un recueil de ses poèmes, Poésies lyriques.

Source : wikipedia

Bibliographie

  • Chants du réveil, 1831.
  • Le Remorqueur, 1840.
  • Le Haut-Fourneau, 1844.
  • Poésies lyriques, 1849.
  • De Percessie vaan Sjerpenheuvel.

Textes


À toi qui préparas, aux jours de ta puissance,
Quand la Belgique armée eut reconquis ses droits,
Le gigantesque moule où son indépendence
Fut coulée en airain sous l'oeil surpris des Rois,
À toi ce chant d'orgueil, qui fut ton oeuvre encore,
Hymne au Génie, aux Arts, au Travail, à la Paix,
Trop faible écho des voeux d'un peuple qui t'honore,
Et dont l'amour vengeur paya seul tes bienfaits.

Liège, le 17 juillet 1842 à l'occasion de l'inauguration du Chemin de Fer de Liège, à M. Ch. Rogier.

Le Remorqueur

Marche, ô puissant athlète, et sous des cieux tranquilles,
Par des rubans d'acier va relier les villes,
Fleurs de granit et d'or d'un bouquet enchanté ;
Des grands fleuves absents, des rivières lointaines
Prolonge l'embouchure au sein d'arides plaines,
Surprises tout à coup de leur fertilité,
Et peuple, dans ton cours, de nobles édifices,
De palais, d'ateliers, de temples et d'hospices,
Le sol de la naissante et moderne cité !

Sous l'arche d'un tunnel sonore
Il s'est englouti, le géant,
Emportant d'un pas de centaure
Un peuple muet et béant,
Noir comvoi des spectres funèbres
Qu'aux feux croisés de ses éclairs
Il semble, au milieu des ténèbres,
Mener en hurlant aux enfers.

Ô terreur ! si la sombre voûte
S'écroulait !... Si jamais un choc
Le rejetait hors de sa route
Brisé, broyé contre le roc,
Quel deuil affreux ! Mais l'homme veille,
Mais Dieu pour nous est toujours là,
Ecoutez ce bruit qui s'éveille,
Grandit, éclate... le voilà !

Sous un soleil vif et splendide
Il reparaît à l'horizon,
Déroulant se crinière humide
Autour des arbres de vallon,
Répandant à flots sur l'argile
L'or de ses rubis sulfureux,
Et lassant par son vol agile
Le vol de l'oiseau dans les cieux !

Extrait de Nos Amis les Poètes, choix de poèmes de poètes belges à l'usage de l'enseignement, par Mme Jeanne Polyte.

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