VAN HIRTUM Marianne


Biographie

Marianne Van Hirtum est la fille d'un directeur d'hôpital psychiatrique.

En 1952, elle s'installe à Paris, dans le quartier Montparnasse, et rencontre l'éditeur Pierre Seghers et l'écrivain Jean Paulhan.

En 1956, la galerie Adrienne Monnier organise sa première exposition personnelle.

En 1959, elle rencontre André Breton et s'intègre au groupe surréaliste.

Elle invente une technique pointilliste de dessin à l'encre de Chine qui consiste à remplir tout l'espace d'une feuille de papier, à la pointe la plus fine possible.

Elle participe à l'Exposition internationale du surréalisme à la galerie Daniel Cordier (2 décembre 1959).

Après la mort de Breton (1966), avec le poète Vincent Bounoure, elle maintient le groupe en activité et collabore au "Bulletin de liaison surréaliste" et à la revue "Surréalisme".


Bibliographie

  • Poèmes pour les petits pauvres, Paris, Seghers, 1956
  • Les insolites, Paris, Gallimard, 1956
  • La nuit mathématique, Mortemart, Rougerie, 1976
  • Les balançoires d'Euclide, idem, 1977
  • Le trépied des algèbres, idem, 1980
  • Le papillon mental, idem, 1982
  • Le cheval d'arquebuse, 1978
  • John the pelican, sélection de poèmes, traduits en anglais et illustrés de six dessins de l'auteur, éd. Hourglass, Paris, 1990
  • Proteus volens, suivi de Le fantôme du quai Anatole, recueil de contes, éd. hourglass, 1991

 

Textes


Les méthaphores
de la méchantes petite fille

Maintenant j'ai une coupe de cristal incandescente
pour la seule fraise d'une soirée fraîche
Maintenant j'ai un minuscule flacon de parfums
pour faire reluire la fraise
Maintenant j'ai un papier en pétales d'orchidées
pour enrouler le sucre d'orge à ne pas fumer seul
Maintenant j'ai un essuie-plume de confusion
pour compter les perles que je vais recevoir pour ma fête
Maintenant j'ai un délicat fauteuil de duvet
pour y faire mûrir les cerises
sous l'arbre de la complétude
Maintenant j'ai un petit doigt malléable
pour suivre le raton dans ses méandres
le persuader d'amabilité coutumière
Maintenant j'ai une cuillerette de mercure
pour ramasser les bulles de bois
au sortir de la bouche ronde
Maintenant j'ai une toute petite cigarette de plume chaude:
_ donnez-moi du feu _ s'il te plaît_

« Les Insolites »

« voici venue l'époque des fougères.
après l'âge de pierre - que peut-on désirer de plus - j'ai rêvé de vous toute la semaine et puis j'ai trouvé les fougères :
les fougères bleues - les d'acier blond - et celles - orange et tendre : les fougères de soie.
les fougère noires du désir : celles-là nous les mettons en pots pour l'hiver si revient encore la bataille meurtrière et l'inquiétude de la mort.
avec les fougères de soie nous construirons une civière pour porter dans les bois l'enfant de notre amour.
car l'enfant de l'amour est malade et marche à grand pas vers la mort.
il s'est empoisonné avec les fougères rouges qui sont - m'a-t-on dit -
les fougères du mal d'aimer. »

Commentaires


"Poèmes cruels pour enfants méchants": c'est ainsi qu'on aimerait définir l'inspiration de Marianne Van Hirtum.  Elle est le phénomène tardif du surréalisme et dit des choses abracadabrantes, non sans exagération, non sans désordre. Ses images sont toujours imprévues et toniques. On peut la rapprocher d'une autre femme, avec qui elle partage les derniers feux du mouvement dirigé par André Breton: Joyce Mansour.

La poésie francophone de Belgique (1928-1962), Editions Traces, Bruxelles.