BERNIERES Claude


Biographie

Swezezeele-lez-Bruges, 1884.
Pseudonyme de Hélène Coulier
Autre pseudonyme (avant 1914) : Hélene Avril

Bibliographie

  • Le visages des heures, Poèmes.Bruxelles, Sand, 1922.

Collaborations
  • Le farfadet, 1906, Le Thyrse, 1906, 1909, 1921 Florilège, 1909
  • Le Carillon, 1921. La flandre litéraire, 1922-1924. Le Flambeau. La renaissance d'Occident
  • Le Soir-noël, 1923. Année poétique belge, 1924. Anthologie de la jeune Poésie belge, 1928. Les Poètes du prix Verhaeren, 1930. Un siglo de Poesia belga, par Fr. C. Najera, 1931. Ecrivains belges d'aujourd'hui, par Flamant et Champagne, 1933. Nos Amis les Poètes, par J. Polyte, 1937
Ouvrage à consulter
  • Vingt-cinq ans de Littérature française, par Eug. Montfort, 1924.
  • Les femmes poètes de la Belgique, par Lyra Berger, 1925

Textes


Les heures

Elles viennent sans nombre, elles viennent sans fin,
Cortège transparent, jailli du ciel lointain.
Elles viennent parmi les bruits et les silences
En un fourmillement de toutes les nuances,
Selon l' instant, selon les lieux ou la saison,
Et, sans ouvrir la porte, entrent dans la maison.
Leur Ombre les devance et dessine un présage ;
Cependant je ne peux entrevoir leur visage
Par leur maître inconnu jalousement caché ;
Chacune se défend d'un geste effarouché
Et nulle avant son tour ne soulève ses voiles.
L'une frôle une harpe et montre les étoiles,
D'autres courent sur l'herbe ou dansent au soleil.
je les entends glisser jusque dans mon sommeil
Et curieusement se pencher sur mon âme.
Leur voix grave tantôt me conseille ou me blâme,
Mais leurs yeux, dont longtemps après je me souviens,
Sont tristes ou rieurs au caprice des miens.
Parfois j'en vois pleurer de celles qui s'éloignent
Et dont les pauvres mains vides, hélàs ! se joignent ;
D'autres semblent fléchir sous des trésors secrets ;
Toutes fuient sans retour. Que de fois je voudrais
Dans mes bras anxieux captiver les plus chères,
Mais je n'étreins bientôt que des cendres légères...
La plus belle souvent semble celle qui part.
D'autres viennent déjà, mendiant un regard ;
Je les vois cheminer au dédale des routes;
Une muette, en noir, la plus noble de toutes,
Fait signe en s' approchant : c'est l' heure de la mort.
Mais tel est son attrait que ma crainte s' endort,
Par ses crêpes flottants filtre de la lumière,
J'eus raison d' espérer : ce n'est pas la dernière,
D'autres suivent traînant des manteaux de rayons,
Plus nous allons, mon âme et plus nous en voyons
Qui marchent sans repos, ensoleillant la nue,
Sur le chemin qui monte et toujours continue.

Extrait de Le visage des heures

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