SCHYNS Pascale-Lora


Biographie

Pascale Lora Schyns est née à Liège en 1964. Germaniste de formation, elle se dirige ensuite vers des études théâtrales (mise en scène) qui l’amènent à vivre aux Etats-Unis et en Amérique latine. Elle exerce aujourd’hui la profession de traductrice et journaliste, ce qui lui permet de se partager entre les voyages et l’écriture. Elle est membre de l’Association des Ecrivains Belges de langue fançaise, de l’Association Royale des Ecrivains de Wallonie ainsi que du Grenier Jane Tony.

Collaboration régulière aux revues littéraires :

Les Elytres du Hanneton

Inédit Nouveau

L’Arche d’Ouvèze

An +

L'Art le Sabord (Montréal)

Contratiempo (Chicago)

Prix littéraire :

Lauréate du concours “Un auteur Une voix” (organisé par la RTBF – 1994)

Relations publiques du Mouvement poétique mondial Poetas del Mundo

Bibliographie

Il ne s’agit peut-être pas de lui – poèmes– Caractères – Paris – 1998.
 
Lettres à Jean Cocteau – correspondance – Lux – Avin – 2000.
Le 9 novembre 1998 meurt Jean Marais. L’auteur, qui a connu le grand acteur, tente d’apaiser son chagrin en le partageant avec Jean Cocteau à qui elle écrit quotidiennement et dans l’œuvre duquel elle se replonge avec ardeur. Cette correspondance va se poursuivre pendant plus d’une année, dans l’attente de  cette date fatidique de l’an 2000. Une démarche à la fois passionnelle et littéraire. Une manière originelle de soliloquer en référence. Et si cette projection n’était pas aussi virtuelle qu’elle en a l’air?
 
L’amer qui tue – récit poétique– Pleine Vie – Paris – 2000.
Une succession de rêves qui bien vite se transforment en cauchemars, et le restent! Sans lumière, sans échappatoire. Le fil de la vie qui serpente dans les profondeurs de l’espoir, du doute, de la foi, du mépris, de l’amour, avant d’échouer dans la mort. Le destin cruel qui parfois ne s’adoucit que pour avoir le plaisir de vous voir tenter de vous relever avant de vous faire plier encore, irrémédiablement. Et toujours cette mer qui vous noie, cette mère qui vous oublie, cet amer que vous tue.
 
Para no dormir – poèmes – Edition associative Clapas – Aguessac – 2002.
 
L’oubli retrouvé – poèmes – Eole – La Roche-en-Ardenne – 2003.
 
Gospel Blanc (horribles petites histoires) – nouvelles – Editions Chloé des Lys – Bary – 2004.
 
Le Rejet – poèmes – Eole – La Roche-en-Ardenne – Décembre 2005.
 
Les Subterfuges du Vent – poèmes – Eole – La Roche-en-Ardenne – 2007.
 
Orange fruits grow on rose trees– poèmes en anglais – Eole – La Roche-en-Ardenne – 2007.
 
Parece que fue ayer...Comme si c'était hier – traduction en français de poèmes en espagnol de Fidolo Cano– Eole – La Roche-en-Ardenne – 2009.
 
Les Survivants de Sallimoc – roman fantastique– L'Harmattan - Paris –  2010.
 
Estropeada – poésie en espagnol - El Taller del Poeta – Ponferrada (Espagne) – 2013.
 
Las circunstancias atenuantes – poésie en espagnol pour le théâtre - El Taller del Poeta – Ponferrada (Espagne) – 2014.

Textes


Cendres délicates
S’étendent les métastases
         d’un mea culpa
S’évaporent les cicatrices
sur le bûcher de l’imposture
S’échappent des canopes
les affres du doute
affamés
 
Chant du cygne
Calvaire du crépuscule.
                  
*
 
Une pernicieuse litanie métisse les meurtrissures
Enivrante facétie
Discrète mascarade
S’élève une muraille
qui s’abreuve au fracas livide de la pestilence
Obsèques de pacotille
Suave flagellation
L’embaumeur ne pâlira pas au seuil de ta douleur.
 
*
 
Absence affranchie de tout murmure
Atroce arrêt au  bord des pleurs
Plonge et goutte le sel du remords
Un cœur émasculé sorti d’une éclaircie
Jongleur lucide qui dresse sa plainte
Oscille entre les pages des Très Riches Heures.
 
*
 
 
Le portail sursauta
         aux larmes de ses pas
Thanatos darda ses entrailles
Ridules rosacées au coin du cœur
Mangent les semblants de fureur
Raclent les raides théories de son poitrail
Prééminence des convenances
Plantent leur pieu égotiste
Éclatent le noyau
Fragrance d’aboulie
 
Franchira-t-il le pas ?
On ne sort pas du toril
quand on craint la mort.
*
 
 
Schisme de l’incohérence
Tragique exécution qui renverse la cohérence
Soutire l’inévitable pardon
Le silence rôde parmi les décombres
Pleureuses au bord des gravats
Aberrante croisade qui suppure
les promesses engendrées
par le charme de la quiétude
Prenez garde au paradoxe de la bravoure.
                  
(Extraits de Le Rejet)
 
*
 
Divertissement (inédit)
 
Une porte fermée
sur mon avenir
Une porte ouverte
sur notre avenir
 
***
Porte coulissante
Une larme s’échappe
Etage erroné
 
***
 
Dédain
         Daigner sourire
Là où hurle le cœur
         Jouir sa peur
 
***
 
Par Tage
Un Pont
Unit les Rives
 
***
 
Les Trompettes de la mort
des girolles se jouent
Paris est mort en couches
 
***
 
Naissance assistée
Mort avortée
Futur en évidence
 
***
 
De Mars à la terre
D’Avril à décembre
C’est Noël
Quand pleurent les lampes
 
***
 
Nœuds de lumière
Yeux taillés
La voix de cristal
Des seins pointent
 
***
 
Suavité
Fille d’encens
Parfume tes pleurs
Fleurs de sang
 
***
 
Voix de ciel                   
Corps de terre
De terre rebelle,
sempiternelle,
Une étincelle,
La voilà qui s’en…
Je m’enflamme.

Commentaires


“Pascale Lora Schyns renoue avec une poésie qui prend corps sous un fil narratif, explore les sentiments portés par chaque geste, avec pudeur, simplicité.”  (Carl Norac in Audax, juin 1994).
 
Il ne s’agit peut-être pas de lui”, c’est tout le parcours des élans, des déceptions, puis de la solitude” (Paul Van Melle in Inédit Nouveau).
 
“Avec ce premier recueil, Pascale Lora Schyns nous offre la part cachée d’elle-même. Tous ces instants de vie et ces rencontres fugitives qui donnent envie d’écrire, quand les mots guérissent de l’émotion ou permettent d’exprimer des passions se retrouvent dans Il ne s’agit peut-être pas de lui. Avec plus d’une trentaine de textes articulés autour de cinq thèmes, l’auteur nous renvoie à chacun de nous, au travers d’interrogations sur l’amour et le bonheur qui nous échappent le plus souvent. Un style teinté de mélancolie, où la mort n’est pas en reste et l’espoir, une ultime conquête.”  (Cécile Vrayenne in La Meuse, 6 octobre 1998).
 
“Se maintenir en éveil. Connaître un grand amour qui comble les vallées et fait surgir des montagnes. D’où un besoin de fusion. Et le dire avec naturel et simplicité. Vivre son expérience avec tout son corps. Ne pas oublier que quand on aime vraiment on s’en prend à l’intégrité de l’autre. Ne pas rougir de le dire et même s’exalter à ce propos. Voilà tout ce qu’on trouve dans Para no dormir de Pascale Lora Schyns, un poète qui voyage aux quatre coins de l’univers pour exercer son métier.” (Emile Kesteman in Nos lettres, juin-juillet 2002).
 
« Ce recueil est en fait un long chant d’amour ininterrompu où l’auteur mêle doutes, sensualité, peurs. Entre ses craintes de l’abandon et son bonheur intense, elle questionne, supplie, implore et nous livre sans retenue aucune ce qu’elle a sur le coeur; à savoir, la force et la pureté d’un sentiment qui la brûle et donne un sens à sa vie. C’est un beau cri du coeur qui pousse là Pascale Lora Schyns, qui nous surprend ici avec un recueil que l’on pourrait aisément comparer à une sorte de journal intime (“A l’heure où tu fermes les yeux/mes paupières s’ouvrent en sursaut/Comme si toujours l’un de nous devait rester en éveil. » (Pierre Schroven in Remue-méninges n°28, été 2003, à propos de Para no dormir)
 
« Pascale Lora Schyns n’en n’est pas à ses débuts, mais Bernard Charlot des éditions Eole a eu du flair; du fond des Ardennes, il a saisi une libellule en pleine métamorphose. Ne croyez pas que je sous-estime les premiers stades de l’insecte. Il faut cependant admettre que ce recueil s’apparente continuellement au rêve et qu’il témoigne d’une expérience nouvelle qui a traversé notre poétesse liégeoise. Pascale Lora Schyns nous parle de l’oubli retrouvé. Sans cesse le lecteur pense à Marcel Proust et à sa recherche du temps perdu. Lui aussi nous a évoqué le temps retrouvé. Et le monde de Pascale Lora Schyns est aussi coloré que celui de son illustre prédécesseur, sans cette maladive insistance qui concerne les moindres perceptions et impressions! Le mal de vivre a traversé la poétesse et elle tend vers un “Demain” où le rituel innove et où l’on pourra déterrer les trésors du passé. » (Emile Kesteman in Nos Lettres, 2004, à propos de L’oubli retrouvé).
 
« Une des caractéristiques de Pascale Lora Schyns c’est qu’elle ne triche jamais et s’investit corps et âme dans chacun de ses mots. Dans ce recueil intitulé L’oubli retrouvé, l’heure est au désenchantement, aux souvenirs douloureux, à la difficulté d’être, d’aimer et ... d’être aimé, aux illusions perdues, à la nostalgie de la pureté de l’enfance, à la fragilité du bonheur. Et puis, derrière cette impression de chaos, le miracle de l’amour fendant le quotidien sordide. Recueil poignant, déchirant même où se profile néanmoins la promesse d’un nouveau bonheur... d’aimer. » (Pierre Schroven in Remue- méninges, juin 2004).
 
« D’une belle et redoutable efficacité, la plume talentueuse de Pascale Lora Schyns crève, partout où elle le peut, l’opacité hideusement confortable du mensonge. … Sans doute, et en dépit du fait que la beauté puisse rester à outrance dans le noir, il est des heures accablantes où le voie de la condition humaine ne se sent plus que ferrée d’amertume, les coups venant lézarder, en barbare avalanche, jusqu’à ses pulsions de vie; voilà qui n’empêche pas que ses ailes puissent avoir, elles aussi, figure d’ange. » (Le Rejet, extrait de la préface écrite par Jean van der Hoeden).
 
« Pascale Lora Schyns vient de publier un recueil qui brille par son unité et sa concision. C’est une véritable « Apocalypse ». L’auteur, par son lexique, par le découpage de sa phrase, par son rythme semble vouloir affronter la difficulté de façon permanente et répétée. On dirait qu’elle se heurte à chaque reprise à des casse-vitesse qui ne laissent pas la colonne vertébrale en paix. L’auteur malaxe un monde blessé, amputé, étêté. Alors qu’une oasis pourrait l’accueillir, la poétesse n’a de cesse de poursuivre son œuvre de destruction, non pour détruire, mais pour dénoncer. Pascale Lora Schyns est volontaire. Elle prend tout dans son regard qui transforme et dans ses mains qui déstructurent et dénaturent. Pour ce faire, elle s’est forgé un lexique où souffle un vent exotique. Elle n’hésite pas à transgresser. Le sommeil onirique voisine avec le miracle sordide. Le lecteur est médusé devant ces convulsions sociales et individuelles désespérantes. C’est pire que dans un cimetière dévasté par des vandales. » (Emile Kesteman in Nos lettres, février 2006, à propos du recueil Le Rejet).

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