BOVESSE François


Biographie

Fils de François Bovesse et de Jeanne Richarjacques (1870-1963)

 1890, 10 juin   Naissance à Namur (rue du Président) 
 1890-1909  Elève aux Sœurs de Sainte-Marie(Namur), puis au Collège des Jésuites et à l’Athénée Royale de Namur (au cours des années 1907-1909)employé, comme commis agréé, au bureau des Contributions, puis à celui des Douanes, à Namur).
 1909-1914  Soldat au 14ème de ligne (Compagnie universitaire). Etudiant à l’université de Liège (Droit).
 1911  Directeur artistique du Journal « Namur-Mondain ».
 1912, 11 août Fonde le journal « Sambre-et-Meuse »(1914).
 1912, 14 septembre     Epouse à Saint Servais, Juliette Bilande (1889-1961), fille de Ernest Bilande et de Elisabeth Mahaux.
 1914, 23 juillet  Docteur en droit (Université de Liège).
 1914, 24 juillet   Décès de son fils Jean (né le 30 juin 1913).
 1914, 31 juillet  Rappelé sous les drapeaux.
 1914-1918   Guerre au fort d’Evegnée (Liège). Chevalier de l’Ordre de Léopold, Croix de Guerre pour action d’éclat (23 août 1914). Blessé à Capelle au Bois (près de Malines) (17 septembre 1914). Combat dans Anvers, retraite vers l’Yser. Réformé le 17 novembre 1914. Substitut a l’Auditeur militaire à la base de Calais.
 1918-1921  Chargé de cours de législation militaire à l’Ecole de guerre (Bruxelles).                                    
 1919, 10 juin Avocat au barreau de Namur.
 1920 Légion d’Honneur.
 1921-1937 (sauf 1925-1929) Député libéral de Namur.
 1921, 23 mai  Conseiller communal de Namur.
 1923   Fonde le Comité central des Fêtes de Wallonie, à Namur (2)
 1927, 29 juillet  Echevin de l’Etat civil et des Beaux-Arts à Namur (démission le 1er février 1929.
 1930-1934 Directeur politique du quotidien libéral « La Province de Namur »
 1931-1932 Ministre - PTT (mai 1931-décembre 1932)              - Justice (juin 1934-mars 1935)              - Instruction publique (mars 1935- mai 1936) (nombreuses réformes, fondation de l’Orchestre national de Belgique, etc.).              - Justice (juin 1936- avril 1937) (création de la Petite propriété terrienne, etc.).                   Campagne pour la défense du territoire et de la Wallonie, lutte contre le rexisme et pour le maintien de l’ordre.
 1937, 15 avril  Gouverneur de la Province de Namur (prône la décentralisation administrative sur la base des provinces).
 1938  Fonde « Les Lettres mosanes » (Andenne).
 1939, 2 juillet  Président du Conseil Supérieur du Tourisme et de l’Hôtellerie.
 1940, 10 mai  Invasion allemande. Conformément aux ordres reçus, se replie, avec l’Administration provinciale, vers le sud de la Province, puis en France, Haut Commissaire du Gouvernement belge dans le département de l’Hérault, à Sète.
 1940, septembre  Rentre à Namur avec le dernier train des réfugiés. Révoqué comme Gouverneur par les Allemands. Reprend ses fonctions d’avocat.
 1941, Noël  Arrêté par les Allemands et incarcéré à la prison de Saint Gilles (Bruxelles).                                   
 1943  Otage sur les trains allemands, entre Namur et la frontière française
1944, 1er février Assassiné par les rexistes à son domicile, à Salzinnes (Namur).
 

     Distinctions 
  •         Chevalier de l’Ordre de Léopold (1914
  •         Croix de Guerre avec palmes (1914)
  •         Croix de l’Yser, du Feu. Médailles commémoratives.
  •         Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur (1922)
  •          Grand Cordon de l’Ordre de Polonia restitua (1933)
  •          Grand Officier de la Légion d’Honneur (1933)
  •          Croix d’Officier de l’Ordre de Léopold avec palmes (1935)
  •          Grand Cordon de l’Ordre de Léopold II (1937)
  •          Citoyen d’honneur de Nuits-Saint-Georges (Côtes d’Or) (Tastevin), 1939.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

Bibliographie

Œuvres écrites de 1907 à 1942 avec hommage de Lucien Leonard, dans Les cahiers Wallons (Namur), avril/mai 1980 ; Poèmes de jeunesse, écrits de guerre (1914-18), évocations, etc.       Romans, contes, nouvelles, articles
  • Histoires d’un autre temps. 1940. Ed. Labor, Paris, Bruxelles, réimpression 1978, avec préface de R. Gruslin (illustrations de Henry Bodart) : 21 récits dont le plus important est Zante l’Aimable de La Sarrase, qui retrace la vie laborieuse d’un verrier namurois et de son épouse dans les quartiers populaires de Namur. Contes de guerre, souvenirs personnels, etc.
  • Au Petit Vendeur. Inédit (récit sur le Vieux Namur).
  • Mademoiselle Laure. Inédit (F. Bovesse en a interdit la publication).
  • Murailles. 1939. Inachevé et inédit.
  • Nombreux articles dans : Sambre-et-Meuse, l’Etudiant Liberal, Province de Namur, La Défence Wallone, Terres Latines, Lettres mosanes, le Flambeau, etc.
      Théâtre
  •      Molière. Ed. G. Thone, Liège. 3 actes en vers, pièce créée au Théâtre du Parc, à Bruxelles, le 21 novembre 1938.
  •      Meuse. Ed. G. Thone, Liège. Féerie lyrique en 3 parties et 26 tableaux, précédée de La Douceur mosane (poèmes).
  •      La Grand’Route. 1939. Ed. Dubois, Namur. Lever de rideau en vers.
  •      Cinq journées de Danton. 1939. Fresque dramatique en 5 tableaux. Inédit.
  •      L’Heure dorée. 3 actes en prose. Inédit.
  •      Vercuchet et Compagnie. 1938-1943. 4 actes en prose. Pamphlet contre mœurs politiques d’avant-guerre. Inédits.
  •      Revues : Namur-Potaches, 1911. Faust-st arêdji, 1912. A la Gaillarde, 1928.
     Poésie
  •     Voir supra 1,3
  •     La Douceur mosane. 1938. Ed G. Thone, Liège. Recueil de poèmes
  •     Hundert Zwanzig. 1942. Poèmes écrits à la prison de saints gilles (Bruxelles)
  •     Prométhée. 1939-1940. Inédits.

A consulter

  • Instantanés... d'un autre temps. Textes de Denis Mathen/photos de André Dubauisson. Namur : Presses de l'Imprimerie Provinciale, 2009. 88 p. Ill.

Textes


                                            A la mémoire d’Emile Berger                  O Meuse, mon pays   Je sais, auprès de monts altiers, des eaux sauvages Mirant leurs rocs, casqués de neige, aux pieds en fleur. J’ai souvent médité, parcourant leurs rivages faits pour les fortes joies et les âpres douleurs   Et je comprends Mistral, le Rhône et la Provence - Le poète est pareil au lieu de sa chanson – Son pays, en son cœur, trouve sa résonance. Qu’il soit heureux s’il en exprime le frisson,   S’il peut, un jour, en quelques vers, avec tendresse, Comme on voudrait parler à l’enfant innocent, Trouver des mots qui chacun soient une caresse, De simples mots pétris d’amour, ayant l’accent.   O Meuse, mon pays, mon doux pays, ô Meuse, Je t’aime pour ce qui te fait ce que tu es, Pour chaque matinée à l’écharpe brumeuse Où, dans le brouillard bleu, chaque jour tu renais,   Pour tes brefs horizons que cerne une colline, Pour tes rochers moussus de verdure couverts Parés pour encadrer ta grâce féminine Et mirer leurs clartés au fond de tes yeux verts.   Parfois, tout au sommet des coteaux, singulière, de corneilles cernée on voit, de vieux châteaux une tour, qui subsiste, à demi, sous le lierre, une tour sans guetteurs, où chantent les oiseaux.   Je t’aime mon pays pour ta fine lumière qui met des reflets roux sur le bleu de nos toits et des baisers dorés sur nos maisons de pierre où de simples bonheurs parlent un lent patois.   Patois fleurant le sol, la rivière embaumée Sur laquelle paisible avance un beau chaland, Clair parler des aïeux, fleur de la Gaule aimée Aussi fraîche que l’onde au rythme nonchalant.   Près des ponts au dos rond sur des jambes arquées, Les gueux de mon pays au rire goguenard, Se chauffant au soleil, racontent les « pasquées » de leur aïeul fameux, Jean Biétrumé Picar.                                                      Extrait de La douceur mosane                                                A ma femme.                 Liens   Voici l’heure où déjà la lumière décroît adoucie en sa force, affinée et plus chère, l’heure où croulent les feux mortels qui me brûlèrent, où me semble moins lourde, à l’épaule, ma croix.   Où je vous vois au loin sombrer, folles nuées, hier, nuages bas qui pesiez sur mon front, Où je vous ressaisis, souvenirs qui vivront resurgis, purs et forts, des cendres remuées.   Où je noue, à nouveau, ma vie à des liens sûrs, où je reprends ma place à ma rive mosane, heureux d’une eau qui fuit, d’une fleur qui se fane, d’un rayon de soleil dansant sur de vieux murs.   Ma femme, viens t’asseoir, sous ces épines roses Vers le lointain, tendons nos âmes, sans parler Comme des ailes au ciel bleu de gris perlé.   En silence, écoutons ce que disent les choses.                                                      Extrait de La douceur mosane

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