LEBON Yves


Biographie

Il est né à Moignelée le 4 juin 1939. Journaliste dans un grand quotidien pendant plus de trente ans, il fut aussi maître de stages pour les étudiants en journalime de l’Université Libre de bruxelles. Dans sa jeunesse, il avait crée à liège avec des amis la revue littéraire Dialogue. Par la suite, il se montra  peu soucieux de publier ses poèmes. Il laisse ainsi un grand nombre de textes inédits. Mari d’Irène Stecyk, romancière, depuis 1965, il est décédé à Liège le 3 avril 2003.

Bibliographie

Chat blanc, poèmes, éditions Dutilleul, 1960 (épuisé)   Dans les années 60 et 70, quelques poèmes dans diverses revues : Le Journal des Poètes, L’Essai, Dialogue, Nouvelles à la main, etc.   En 1980, pour fêter le millénaire de la principauté, il collabore à l’ ouvrage Il était douze fois Liège, avec une nouvelle intitulée La Femme sans tête.

Textes


Que le vent jette à moi les pierres Et qu’au milieu du pré je tombe ! Alors je bénirai la terre Bleue et rouge comme les bombes. Qu’on installe un banc de cailloux, Vision du Poète inconnu Sans cri, folie secrète et nue. Oh ! Ne pas écarter les loups. N’eût-ce été folie plus folle, Hôpitaux, couteaux, je vous hais. Je ne suis pas pour le formol. La poussière prise aux rets des haies Me sied. Ah !  ce havre de houx. Je m’y sens déjà. C’est chez moi. C’est la couronne de Jésus. J’ai réparé mes injustices, Doux aux faibles et faible de moi-même, Ma dette est une longue suite D’erreurs et de fausses bavoures. Que dira-t-on des chausse-trappes ?     En ce vivier nous pêche-t-on ? Destin pêcheur au fil cassé. Pêche au lancer. Suis-je ferré Dans le filet d’une ramure, Et je m’envole oiseau à la Stupéfaction des airs. Mais ce roi, c’est Merlin. La guerre Commence et je hais le pas de l’oie.     Perle ou cloporte, qu’importe ! Ce cœur qui bat dans la pierre Est le tragique trésor Qu’il est donné d’embrasser. O perce-neige, crocus, Vous annoncez le printemps De mille vies qui reviennent. Mais quoi ! Ne pas nous offrir De goûter au Grand secret. C’est l’illusion. C’est folie. Il est tard pour nous berner. A quoi vous sert-il de vivre Comme in innocent maillon Essoufflé d’éternité ? Faut-il que vous nous trompiez ? La neige du temps recouvre, Rouille nos échafaudages, Emportant dans ses abîmes Nos plongeons désemparés. Quoi ! Nous prend-il de rêver ? Cosmogonies, agonies, Fleurs de songes insoumis…     Me voici entre deux Styx. Charon s’est-il enivré ? Insulaire est mon état. Ami, tu n’as plus de barque. Seule une planche va vers L’autre rive du Léthé.   Au contraire des noyés Qui nagent horizontaux Avant de paraître au jour, Dans la verticale je vais Où jamais plus on n’attend.   Puisque j’aspire au repos (Ah quitter ce purgatoire), Aide moi à traverser Ces eaux qui je ne sais où Emigrent. Je serai foudre. Tes épaules me porteront Jusqu’à l’oubli dont le Livre Est-ce Fuyard invisible.

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