Initials F.F., par Véronique Bergen


Auteur : Véronique Bergen
Initials F. F.                                                                                                                                                        À toutes celles qui illimitent le vivre,   À dos de silence le nom a traversé les siècles galbé d’écume noire un écheveau de cris en travers du gosier de la mémoire   Obstiné le nom cela le ciel en ses formes frappant larmes au coin des paupières dans l’hyperbole des saisons où le désir ondule au creux des reins même si des pierres de nuit obstruent les bouches même si la Terre au sourire ensablé mendie un verbe autre   À l’étroit dans le temps en laisse étouffé par l’ombre de l’inceste le nom a quitté port et vagues de silex au profit de conjugaisons dissidentes je et tu éclatés à fleur de précipice l’espace du dedans érigé sur la logique abolie dans l’abandon aux puissantes muettes   À rebrousse-poil des mélodies en berne le nom dans l’anneau décerclé a dansé sur le reflux des nombres stériles scandant la ballade des sexes aux rimes folles à coups de X ouverts commes des fleurs aux corolles lactées   Dans la déroute du là-bas le nom l’ici a creusé complice des chairs qui acquiescent à l’extrême contemporain de sa naissance différée portant à bout de rêve les étoiles de demain priant morsures de l’éclair sur les tombes glabres de toutes celles qu’on lapida barbelés   Dans les yeux troués naufrage à flanc du hasard désossé d’octave de basalte en octave de lumière le nom glisse dans les corps qu’il déverrouille migration de l’absence dans l’azur et orgies des lèvres décousues au pied de son initiale féline fractale fatale de féminité dans l’inapprivoisé au-delà des voyelles nomades qui rainbow chuchotent Illuminations et anacrousent le F multiplié par lui-même.        Véronique BERGEN     Le 7 février 2010  

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