On s'appelle, Namur, par Françoise Lison-Leroy


Auteur : F. Lison-Leroy
On s’appelle, Namur.   On se dira les bords de Meuse, les ruelles impies et le marché aux fraises. D’un antre à une taverne, la nuit dépliera ses lueurs. On s’échangera des partitions, roulées de pierres et de cris, à damner l’âme des bateliers. On éventrera nos silences, ceux qui nous tuent à petit feu, à coups de refrains tapageurs.   On s’appelle, Namur.   Tu nous citeras des prénoms fauves, ceux des statues volées aux astres, ceux de nos guides insatiables. Dans les venelles, un chien se perd, cherchant le sien. Il emporte un peu de notre âme, menu journal entre ses crocs.   On s’appelle, Namur.   Tiens-toi dans nos voix conjuguées, dans nos langues arc-en-ciel, dans nos poches au long cours. Tu pourrais signer le tableau.   On s’appelle.     Françoise Lison-Leroy (Belgique), le 27 juin 2010
 


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