GOOSSENS Roger


Biographie

Né à Bruxelles, le 22 décembre 1903, Roger Goossens fit ses études de philologie classique à l'Université de Bruxelles où il fut reçu Docteur en juillet 1926 et devint dès 1930 assistant du rofesseur Henri Grégoire.

En 1947, il fut promu Professeur ordinaire et chargé de "la traduction à livre ouvert d'un texte grec et l'explication approfondie d'un auteur grec" et de "l'histoire approfondie de la Littérature grecque".  Il avait créé à l'Université un ample enseignement couvrant l'étude de la langue et de la littérature snscrites ainsi que des religions de l'Inde  En 1952, il avait été nommé Directeur du Séminaire d'Indianisme.

Bibliographie

  • Magie familière. Bruxelles : Le Cormier, 1983
  • Signature.  Bruxelles : De rache, 1966
  • Ombre vives. Bruxelles : De Rache, 1969
  • Rencontres. Bruxelles : De Rache,1972
  • Cailloux. Paris :  Saint-Germain-Des-Prés, 1973
  • L'ombre intérieure.  Henry Fagne, 1978
  • La légende de la sacristine. Slatikine, 1981. (Essai).

Textes


Sixième mouvement

Et d'où vient se désordre d'une vie que j'avais si longuement, si amou-
            reusement rangée?
Et d'où vient ce tremblement et ces larmes d'un homme si calme et d'un
           coeur si sec?
Maintenant je parle d'égal à égal à mes amis les plus chers et à mes enne-
           mis les plus intimes,
mais je ne puis plus m'aborder moi-même sans crainte et sans angoisse.
Et pourquoi n'ai-je plus peur de ces tyrans qui régneraient sur ma vie,
tandis que j'ai peur de moi-même?

Commentaires


Le cas humains et intellectuel de Roger Goossens est assez unique.  Indianiste de réputation mondiale, pour qui ni le grec ni le sanscrit n'ont aucun secret, il se convertit, malgré ce savoir profond, la quarantaine atteinte, à la poésie la plus directe et la plus naïve.  Il écrit alors une centaine de pages qui exercent, comme son seul titre le suggère, une Magie familière immédiate.  Qu'on imagine un Francis Jammes ou un Paul Claudel saisi par le besoin de la transparence, e la naïveté, du verbe simple qui le consolerait de tous les pièges des verbes millénaires.
Il dit son bonheur et sa crainte d'exister, ses évidences comme ses doutes, son goût de l'immédiat qui dure, sa précarité surtout, qu'il sait changer très naturellement en douce et forte aisance d'être.  Comme Fernando Pessoa, qu'il rappelle quelquefois, il est le poète du bonheur par excès de savoir: oui, par sereine sagesse.  Son livre n'a pas son pareil, dans les années 50 où il a paru.

La poésie francophone de Belgique : 1903-1926. Bruxelles : Editions Traces. 


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