Les vingt-cinq dernières années de la poésie libanaise


Auteur : Akl AWIT


 

Les vingt-cinq dernières années de la poésie libanaise

Les carrefours critiques

Akl Awit

Est-il donné au poète, au chercheur universitaire ou bien au lecteur attentif de définir des générations poétiques libanaises bien déterminées, et de les délimiter par des débuts et des fins ? Celui-ci peut-il affirmer l’existence de poètes qui surgissent avec la naissance des décennies et qui disparaissent avec la fin de celles-ci ?

Pourrais-je, moi, poète, universitaire, et lecteur à la fois, prétendre à cela, et prouver l’existence de générations et d’ères poétiques durant les vingt-cinq dernières années de la vie du poème libanais moderne ? Et pourrais-je ce faire tout en dénotant des caractéristiques généralisées, ou moins généralisées, sur des décennies poétiques complètes avec tout ce que celles-ci comportent de noms, d’expériences, de contradictions et de variations, et cela sans paraître incapable de percevoir les problématiques et phénomènes qui constituent une exception sur cette classification et ces généralisations, et qui les contredisent par moments ?

Dans cet  essai je tenterai d’aborder uniquement les traits généraux des vingt-cinq dernières années de la poésie libanaise moderne, sans traiter de ses particularités pour ne pas être injuste à leur égard ou les sous-estimer.

Et il m’importe de préciser dès le début que la poétique de ce dernier quart de siècle doit sa position historique à la génération des fondateurs de la modernité poétique libanaise et arabe dans les années 60 du siècle dernier, qui est la génération ayant révolutionné la poésie arabe moderne sur les niveaux de la langue, de la forme et du contenu, à travers l’ébranlement des données de la poésie arabe classique, et l’ancrage de nouveaux concepts poétiques qui s’exprimèrent à travers le poème en prose.

Et si cette génération de précurseurs a posé les bases du nouveau poème, avec en premier lieu le poète Ounsi El Hage, elle forme avec la génération qui la suit, c’est-à-dire celle des années 70, dont je cite en particulier les deux poètes Paul Chaoul et Abbas Beydoun, elle forme donc les deux phases qui précèdent historiquement et « paternellement »- si je puis dire- la poésie dont je traite aujourd’hui dans mon intervention.

Il me faut préciser aussi que cet essai n’a pas la prétention d’être un traité universitaire strict, ni un historique objectif, précis et global des vingt-cinq dernières années, avec ce que cette étape comporte d’expériences et de noms, et avec ce qui n’appartient pas à son cours normal, mais se rapporte plutôt à l’expérience de la poésie du vers libre, qui demeura jusqu’à un certain temps présente avec vitalité dans l’expérience poétique libanaise.

Cet essai s’axe donc sur le poème en prose libanais durant le dernier quart de siècle, comportant trois étapes temporelles qui sont les années 80, les années 90 et la fin du vingtième.

À propos de le génération des années 80

La guerre avait éclaté en 1975 lorsque la génération poétique libanaise qui écrit le poème en prose et qui suivit la génération des précurseurs de la modernité, commença à s’imposer avec force et stabilité au cœur du mouvement poétique libanais et arabe, pour arriver à concrétiser son image et à la parfaire au début des années 80.

Ceci advint à un moment où cette guerre allait crescendo, s’attaquant à l’entité libanaise et au corps poétique de cette entité, jusqu’à l’installation d’une époque meurtrière d’absurdité existentielle qui pesa sur tous les domaines à peu près. Et si cette absurdité dévoila son visage laid et catastrophique dès le premier instant de la guerre, elle se révéla graduellement être un scandale existentiel complet, jusqu’à devenir clairement une guerre sur le Liban non seulement en tant que pays et peuple, mais aussi et surtout en tant qu’entité poétique et onirique.

Ce disant je crois, étant poète et critique, que cette guerre a eu une influence paradoxale sur la poésie. Car au lieu que ce poème en prose ne s’enfonce dans la chair de la guerre et dans ses volcans, on vit au début des années 80, c’est-à-dire après cinq ans de l’éclatement de cette guerre féroce et absurde, on vit que le poème, lui, a adopté une tendance poétique problématique qui se nourrit du côté inverse. C’est-à-dire du refus à reconnaître le pouvoir de la guerre sur la vie elle-même en premier lieu, en tant qu’existence et échelle de valeurs, de concepts et de critères, et le refus de reconnaître le pouvoir de la guerre sur le poème en prose, vu que cette poésie est apte à respirer le rêve et la culture et les expériences et les vécus en dehors d’elle, et peut vivre et se fabriquer une vie parallèle et antidote, afin de devenir l’opposé de la logique de la guerre et de son langage à la fois.

L’expérience poétique libanaise n’a pas produit à cette époque-là des poètes de la guerre au niveau du poème en prose. Aucun poète de la génération des années 80 n’écrivit un poème de la guerre, que ce soit au niveau de la langue, de la forme, ou du contenu. Et je signifie par poème de la guerre, à l’échelle libanaise, ce dont l’homologue serait ce qui s’écrivit par exemple dans la poésie palestinienne sous le plafond de la cause, c’est-à-dire la lutte contre l’ennemi israélien.

C’était comme si la poésie persévérait à croire à la possibilité d’inventer une autre vie à l’intérieur de cette vie-là, et à briser ses équations et ses critères et ses horizons étroits, et à continuer dans la logique de la culture et de la pensée malgré cette vie-là et indépendamment d’elle.

Je veux dire que la poésie de cette époque-là était en un certain sens plus forte que la guerre. Car elle vivait parallèlement à elle comme si elle se fabriquait un autre royaume libre de ce monde catastrophique qui engloutissait la vie avec tous ses éléments.

Ce n’était pas une fuite. C’était plutôt une sorte de vision qui se voulait d’explorer l’essence de la vie dans le cœur de la mort que représentait la guerre.

À partir de cette déduction, on peut dire qu’une blessure existentielle profonde était percevable dans la conscience de cette poésie et dans sa langue, à travers une sorte de lyrisme philosophique et méditatif intérieur qui s’épanouissait sous le ciel du langage et dans ses entrailles et ses recoins. Ce n’était pas un lyrisme dans le sens élégiaque plaintif ou abattu simplifié, mais plutôt dans le sens complexe et philosophique qui pose les grandes questions de l’existence.

Au lieu de tomber dans le piège de la mort comme thème, la langue fonça vers les sources de l’existence même, afin de s‎’y laver et de donner libre cours à ses questions existentielles philosophiques et simples en même temps.

Mais les poètes peuvent-ils être le bois qui alimente la guerre sans que leur poésie soit le feu ardent de celle-ci, se déclarant dans les mots ?

Voilà une question difficile et intéressante à la fois :

Une question difficile car le chercheur pourrait dire que ces poètes écrivaient une poésie épurée ou hautaine au sein d’une vie et d’une culture et d’une société non épurées, avec ce que cela comporte de scission grave entre l’enfer et ses incarnations linguistiques non infernales.

Et c’est une question intéressante car le chercheur pourrait être porté à déduire que ces poètes, en écrivant une poésie que le récepteur juge épuré, essayaient de « tuer » la guerre en la dévorant au lieu de l’ignorer, et cela avec une langue qui se lève du sein de l’enfer sans être une seule fois le miroir de cet enfer.

Donc les poètes de cette période-là, à laquelle j’appartiens, ne peuvent pas être jugés comme épurés, sauf si l’on considère que l’acte de défier la guerre en l’abattant, et l’acte de mourir dans la poésie et de se sauver par son langage, comme des formes d’épuration.

Personnellement je considère la poésie de cette période-là comme une dévoration visionnaire de la guerre, afin d’empêcher que la langue du thème n’en soit l’héroïne. C’était une sorte de guerre contre la guerre, avec une langue qui se levait de la terre de l’enfer et de sous cette terre-là.

Le monde de cette génération poétique est le monde onirique de Don Quichotte, celui du rêve et de la vie individuelle avec toutes ses manifestations, celui du soufisme, de l’expérience lyrique, de la culture philosophique et méditative, celui de la poétique grande ouverte à toute expérience et à toute éventualité.

C’est avec ces caractéristiques et ces spécificités-là que je décrirais la poésie de l’ère poétique qui commença avec les années 80 du vingtième siècle, et qui se poursuit toujours, tout en puisant l’essentiel  de ses marques et attributs généraux dans les clés ci-haut citées.

Etait-ce une fuite ou un refus ou une protestation ou une tentative de salut ou juste une vision onirique illusoire ?

Peut-être tout cela, et peut-être autre chose. Mais le critique découvrira en même temps que l’impasse existentielle durant cette période-là laissa sans doute ses empreintes sur le corps de toutes ses expériences poétiques sans exception aucune. C’est-à-dire que la poésie des années 80, qu’elle soit une poésie de solitude et d’isolement, ou une poésie spirituelle et mystique, ou donquichottesque et onirique, ou cérébrale et expérimentale, est sous-tendue par la même constante, celle de la langue intérieure discrète, de la dévoration de la guerre et de la mort afin de mourir et de renaître dans la poésie.

Je dirai sans hésiter que cette mort à laquelle je confère une importance particulière dans la poésie de cette époque-là, est l’autre mort qui fait face à la vie et à la mort dans la guerre.

Ce n’était pas à proprement dire une poésie de guerre, mais c’était une poésie d’anéantissement de la mort dans la langue et une poésie de salut par cette langue et en elle.

Ce n’était pas la poésie du thème mais plutôt la poésie de l’être dans la langue : La poésie qui transcende la tragédie individuelle dans le langage le plus intime et le plus enfoncé dans l’obscurité intérieure.

Pour cette raison je dirai que la poésie de cette époque-là était la plus expressive du devenir du poème en prose arabe en général, et de celui libanais en particulier, parce qu’elle était la plus exposée au combat de survie après l’étape de la révolution d’un côté, et après celle de la maturité de l’autre.

Et je citerai en particulier parmi les poètes de cette génération-là  Bassam Hajjar dans ses recueils « si seulement ta main » » et « les métiers de la dureté » et « pour raconter comme celui qui craint de voir », Abdo Wazen dans « l’oeil et l’air », Issa Makhlouf dans « la solitude de l’or », Charles Chahwan dans « Jeune homme qui se lave tout seul », et moi-même dans « le domaine du cyprès » et « ouvre les jours pour que je disparaisse derrière » et « l’échappée du tué ».

Dans ce sens-là, la génération des années 80 pourrait être la troisième racine, c’est-à-dire la troisième colonne avec laquelle se construit et se renforce le pyramide poétique de l’histoire du poème en prose libanais, après la génération des précurseurs dans les années 60 et la génération qui la suivit dans les années 70.

Ce troisième fondement était-il le plus facile et le moins inquiétant ?

Certainement pas. Car il aurait pu, s’il n’était pas capable de survivre et de pénétrer et de sonder, détruire le temple poétique sur lui-même et ceux qui l’ont précédé.

Ce test de survie et de pénétration et de sondage était le plus difficile, le plus inquiétant et le plus incertain car il était le plus lourd en héritage d’un côté, et le plus intérieur et intime et secret de l’autre. Sans oublier qu’il est la dernière manifestation de l’apothéose de l’école poétique libanaise et de ses caractéristiques, qui est l’école basée sur la maîtrise de la langue et son talent et ses expériences et sa limpidité et son élégance spirituelle et son imaginaire fougueux et son acuité subconsciente et émotionnelle lyrique, ce qui la rend une école libanaise linguistique aux particularités parfaites au sein de la langue littéraire arabe et de ses courants.

À propos de le génération des années 90

La poésie libanaise finirait-elle ici et devrions-nous fermer la porte des discussions sur le présent et le futur de cette poésie ?

Sûrement pas. Car il existe toute une jeune génération qui s’est déclarée au début des années 90, après être née dans la guerre et que la plupart de ses éléments y aient participé en tant que combattants ou membres de partis ou victimes, contrairement aux éléments de la génération qui la précéda et dont les poètes refusèrent la guerre moralement et éthiquement, et préférèrent rester à sa marge dans leur vie et leur expérience, même s’ils brûlaient dans son enfer et subissaient ses influences matérielles et morales.  

La nouvelle génération poétique, celle des années 90, se jeta sur la vie et la guerre et la mort, et se jeta sur la poésie, s’opposant, défiant, et se gardant de vivre dans la langue.

C’est une génération que je pourrais décrire comme la fille légitime de cette maudite guerre. Elle est son fruit et son héritière, sans me permettre de dire qu’elle est son historienne poétique.

Ce qui caractérise le plus cette génération, c’est que son identité appartient au parti de l’enfer et de la mort.

Et c’est peut-être pour cette raison même qu’une partie d’elle a installé une sorte de rupture avec la culture des générations qui l’ont précédée au niveau poétique. Car elle est l’enfant de la guerre et son orpheline, mais elle s’est tenue de pleurer son orphelinat existentiel et choisit au contraire de s’y impliquer existentiellement et poétiquement.

Et parmi ses noms je citerai Yahya Jaber dans « les voyous » et « Youssef Bazzi » dans « sous le marteau » et Fadi Abou Khalil dans « Vidéo ».

Et je pense qu’une autre partie essaya de fonder une culture globale en profitant des expériences des générations qui la précédèrent, proposant des critères à partir desquels l’on peut distinguer le bon du mauvais, et parmi ceux-là en premier lieu Bilal Khbeiz dans « peut-être le souvenir d’un air », et Iskandar Habash dans « Portrait d’un homme métallique » et Inaya Jaber dans « Humeur perdante ».

Au lieu de la langue de l’école libanaise et de sa maîtrise, cette génération voulut créer une langue que j’ai tendance à appeler la langue – voyou. C’est-à-dire la langue qui ne prête pas une grande importance à la langue en tant que référence visionnaire et formelle. La langue ici est celle du quotidien insolent et cru. La langue du refus et du sarcasme et du cynisme, où le linguistique et le lyrique et le méditatif et le philosophique sont remplacés par l’impulsif et l’absurde et l’antagoniste et l’affamé de vie en même temps.

Et au lieu de ce que l’historique critique pourrait considérer comme un attachement à une vision onirique d’un côté, et comme une conviction du haut statut de la langue et de sa maternité d’un deuxième côté, et comme une sublimation du vécu quotidien et de sa langue et de ses thèmes puisés dans la rue d’un troisième, la génération des années 90 se prit à sonner les portes de la politique et du combat et de la poésie de la lutte, convaincue qu’elle est capable de casser ces portes et ces plafonds, à travers la célébration de la poésie vivante du monde, privé et général, et à travers le refus de l’isolement de la poésie et l’amour de la vie par la poésie.

La génération des années 90 fonça dans la destruction de la vie et dans ses décombres au moyen de l’écriture sur la guerre par la langue de la guerre, et sur la destruction de la vie par la langue de l’impulsif et du cynisme et du sarcasme.

C’est la génération de l’impulsivité par excellence. L’impulsivité sarcastique qui refuse l’isolement et la solitude et le mysticisme et l’illusion d’un salut quelconque.

Dans l’écriture de la génération 90 on perçoit une poésie jeune qu’on ne percevait pas dans la poésie qui l’a précédée. 

On perçoit une poésie qui bouillonne par sa langue, une langue que j’ai tendance à décrire comme tellurienne et quotidienne et soucieuse du vécu, de l’éphémère et du narratif.  

Comme si la génération des années 80 qui la précéda n’a pas pu vivre son impulsivité et sa jeunesse. Comme si elle était née mature et adulte, sans adolescence, à l’inverse de la génération 90 qui vécut dans sa poésie la plénitude de sa jeunesse et sa débauche et sa marginalité protestataire.

La génération des années 90 déclara sa guerre poétique à la manière de son mode de vie protestataire. Et c’est pour cette raison qu’elle représente la génération de la guerre par excellence, son héritière et sa victime et son volcan.

Et elle est aussi la génération de l’ambition par excellence. L’ambition de la poésie qui veut tuer l’isolement et se libérer du fantôme de la guerre, mais en pétrissant la langue de cette poésie dans l’absurdité et l’impulsivité et le défi et la protestation.

À propos de le génération de la fin du vingtième siècle

Pourrions-nous conclure en disant que l’expérience poétique des années 90, qui tendait à se fondre dans la combativité de la vie afin de représenter une révolution poétique sur un certain mode de vie et d’écriture, a fini par voir ses ambitions brisées sur le seuil de la guerre froide qui s’installa après la fin de la guerre chaude ?

On pourrait énoncer cela comme éventualité historique et critique.

Mais pourrions-nous pour autant refermer la porte à nouveau au nez de la poésie ?

Certainement pas. Car nous sommes en train d’assister, et depuis près de 7 ans, à la naissance d’un nouvel essor poétique, qui pourrait former la 3ème génération après celles des années 80 et 90.

Une partie de ce nouvel essor est en relation étroite avec les rythmes et l’expérience des années 90, du point de vue de la célébration du quotidien et du passager, et au devant des poètes de cette expérience-là Samer Abu Hawash dans son recueil « la vie s’imprime à New York » et Fadi el Abdallah dans « étranger avec une caméra à la main ».  

Par contre, une autre partie représente un foyer tout à fait différent, qui a la nostalgie des rêves poignardés des années 80, et qui revient prouver avec force et distinction et avec une culture spirituelle et sensuelle et poétique et une grande audace existentielle, que la poésie peut renaître de la vision tragique du poète et des thèmes de l’être individuel, grands et secondaires à la fois. Et au devant des artisans de cette révolution est la poète Joumana Haddad dans son recueil « le retour de Lilith ».

D’un côté c’est un foyer poétique libéré des grandes causes de la poésie, et de ses grands rôles.

Et d’un autre côté il envahit les tentations du quotidien et du passager et de l’éphémère de l’absurde, les assimile et les dépasse, afin de rendre à la poésie une sorte de grandeur qu’elle avait failli perdre durant l’ère poétique passée.

Conclusion

Quels sont les éléments de la scène poétique aujourd’hui ?

Pour être extrêmement concis je dirai que s’entrelacent sur cette scène les cumuls des vingt-cinq dernières années, c’est-à-dire ces trois générations poétiques différentes et variées qui ne s’alignent pas dans une vision poétique unique.

Et avant et pendant tout cela, il y a aussi les poètes qui précédèrent ces 3 générations en tant qu’âge et expérience, et qui continuent leurs parcours au sein de la vie poétique actuelle.

C’est l’expérience poétique libanaise moderne dans toute sa variété. Et je l’ai exposée du point de vue de ma propre vision poétique et critique, et sans jugements de valeur.

Et il est probable que le paysage de cette expérience, avec ce qu’il comporte de différences et de divergences et d’hétérogénéité, consiste l’un des signes précurseurs qui annoncera la naissance d’une autre poésie dans la poésie, et qui annoncera peut-être de  nouvelles révolutions et de naissances.



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