VIVIER Robert


Biographie

Robert Vivier (1894-1989) naît à Chênée (Liège) d’un père ingénieur d’origine bourguignonne, et d’une mère liégeoise. Élève de l’Athénée royal de Liège, il entre ensuite à l’Université de Liège, à la Faculté de Philosophie et Lettres. Il entre à l’Académie de Langue et de Littérature Françaises de Belgique en 1950 – il occupe le fauteuil de Maurice Maeterlinck –, et poursuit par ailleurs son enseignement universitaire jusqu’en 1964.

Bibliographie

  • La route incertaine, poèmes, La Vie intellectuelle, Bruxelles, 1921.
  • La plaine étrange, souvenirs, La Renaissance du Livre, Bruxelles.
  • Le ménétrier, poèmes, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1924.
  • Marcel Baugniet, essai, Écrivains réunis, Paris, 1927.
  • Déchirures, poèmes, chez l’auteur, 1927.
  • L’originalité de Baudelaire, essai, Académie royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, Bruxelles, 1927. Réédition augmentée en 1952.
  • Non, roman, Rieder, Paris, 1931.
  • Folle qui s’ennuie, roman, Rieder, Paris, 1933; réédition Jacques Antoine, 1980.
  • Ugo Fiscal, essai et traduction, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1934.
  • Délivrez-nous du mal, biographie romancée d’Antoine le Guérisseur, Grasset, Paris, 1936, réimpression en 1956; réédition Labor, 1989.
  • Au bord du temps, poèmes, Cahiers du Sud, Marseille, 1936.
  • Le miracle enfermé, poèmes, Cahiers du Sud, Marseille, 1939.
  • Dante, essai et traduction d’extraits, 2 volumes, Labor, Bruxelles, 1943.
  • Mesures pour rien, roman, Grasset, Paris, 1946.
  • Discours de réception, Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, Bruxelles, 1951.
  • Tracé pour l’oubli, poèmes, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1951.
  • Réception de Monsieur Edmond Vandercammen, discours, Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, Bruxelles, 1953.
  • Et la poésie fut langage, essai, Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, Bruxelles, 1954.
  • Pour le sang et le murmure, poèmes, hors commerce, 1954.
  • Le moment poétique de Gabriele d’Annunzio, Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, Bruxelles, 1956.
  • Écumes de la mer, contes, Éditions des Artistes, Bruxelles, 1959.
  • Chronos rêve, poèmes, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1959.
  • Traditore (traductions en vers), Palais des Académies, Bruxelles, 1960.
  • Le calendrier du distrait, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1961.
  • Cahier perdu (textes en prose), Éd. du Verseau, Bruxelles, 1962.
  • Frères du ciel, quelques aventures poétiques d’Icare et de Phaéton, essai, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1962.
  • Avec les Hommes, six moments de l’autre guerre, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1963.
  • À quoi l’on pense, chroniques, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1965.
  • Poésie. Préface de Jean Cassou. Les Éd. Universitaires, Paris, 1965.
  • Proses. Introduction de Marcel Thiry, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1965.
  • Discours de réception de M. Jean Cassou, Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique, 1965.
  • Situation de la littérature française de Belgique, Leçon de Sorbonne, Palais des Académies, Bruxelles, 1965.
  • Hommage à Dante, discours, Palais des Académies, Bruxelles, 1965.
  • Un cri du hasard, poèmes, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1966.
  • Critique et métaphysique, essai, Revue d’histoire littéraire de la France (centenaire de Baudelaire), Paris, 1967.
  • Des nuits et des jours, poèmes, Seghers, Paris, 1967.
  • Littérature française en Belgique, histoire littéraire, dans Encyclopaedia Universalis, III, Paris, 1969. 
  • Lire Supervielle, essai, José Corti, Paris, 1972.
  • Dans le secret du temps, poèmes, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1972.
  • Broussailles de l’espace, poèmes, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1974.
  • La traduction des poètes (domaine italien), dans Problèmes littéraires de la traduction, Bibliothèque de l’Université de Louvain, 1975.
  • The meaning of Maeterlinck’s work, essai, Mosaic, New Delhi, 1975.
  • Le train sous les étoiles, poèmes, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1975.
  • Poèmes choisis d’Émile Verhaeren, Édition établie et présentée par R. Vivier, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1977.
  • S’étonner d’être, poèmes, Flammarion, Paris, 1977.
  • Des légendes du vrai, poèmes, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1980.
  • J’ai rêvé de nous, poèmes, Flammarion, Paris, 1982.Au clair de vie, poèmes, Le Pont de l’Épée, Guy Chambelland, Paris, 1987.
  • Un jour, tu m'as dit... et autres poèmes, Académie Royale de Langue et de littérature françaises de Belgique, Editions Ercée, Bruxelles, 2009. Anthologie établie par Laurent Beghin. Avant-lire d'André Sempoux.

  • À consulter :
      - Marcel Thiry, Discours de réception de Robert Vivier à l’Académie de Langue et de Littérature françaises de Belgique, Bulletin de l’Académie, 1951. - Marcel Thiry, introduction aux Proses de Robert Vivier, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 165. - Jacques De Caluwé (sous la direction de), Hommage à Robert Vivier, Romanicula, Liège, 1965.
    - Roger Foulon, Robert Vivier, André De Rache, Bruxelles, 1974.
    - André Sempoux, Témoignage sur Robert Vivier, http://www.maisondelapoesie.be/essais/essais.php?id=201
    - André Sempoux, Avant-lire à VIVIER, Robert Un jour, tu m'as dit... et autres poèmes, Bruxelles : Académie Royale de Langue et de littérature françaises de Belgique ; Editions Ercée, 2009. Anthologie établie par Laurent Beghin.  

Textes


Le scrupule

Il fut un temps où ce scrupule étrange
Me touchait le bras tout à coup:
"Ecoute... Quelque chose change.
Happe d'un mot ces pas de loup!"
 
Un autre temps suivit, peut-être
Celui de l'à quoi bon
Car le laissais tout disparaître
Dans les rideaux de la saison...
 
Mais quelqu'un frappe à ma fenêtre.
Que veut ce chuchotis de doigts?
"Ecoute, quelque chose change..."
Scrupule, camarade étrange,
Serait-ce toi?

Commentaires


Soixante-cinq ans de pratique en poésie! Depuis 1921, Robert Vivier publie des poèmes qui dépassent rarement trente vers - le vers blanc est peut-être le plus dense et le mieux adapté à sa sensibilité - et qui donnent comme un aperçu du mystère quotidien. Il y a là des visages à peine identifiables, un décor nu, des fenêtres, des portes, des gestes inachevés, un intérieur qui se referme sur une sorte de soupir métaphysique proféré de manière intime. Où va l'être, quels sont ses rapports avec autrui, tout est-il illusion ou malentendu, pourquoi vivre et pourquoi s'interroger? L'inexprimable trouve chez ce poète délicat quelques frissons intimes, sans que l'époque vienne les déranger.

La poésie francophone de Belgique, Éditions Traces, Bruxelles, 1987.