VERBOOM René


Biographie

  1891 : 3 juin : Naissance à Mons de René Verboom, troisième d'une famille de sept enfants. Profession du père : premier coupeur.   René fait ses études à l'Institut des Frères Maristes de Lille.   Ecolier intelligent mais indocile.   1910-1914 : Verboom fréquente des artistes, des peintres surtout Brusselmans, Tytgat, Hoepels; il rencontre Ensor. Il s'adonne à l'aquarelle et veut faire du théâtre. Séjour à Paris.   1915-1918 : Il écrit des comédies, aujourd'hui perdues, dont deux furent représentées sur des scènes bruxelloises : En vedette au Winter Palace (1915) et Un geste à la Bonbonnière (1918).   1916 : Verboom s'installe à Woluwe-Saint-Pierre. Il y fonde un asile d'artistes, dans une masure que l'on baptise Le coin.   1919-1920 : Rencontre du peintre et graveur Marcel Stobbaerts auquel il liera une profonde amitié.   1922 : La courbe ardente.   1923 : Collaboration éphémère au journal Le Soir.   1925 : René épouse Suzon, petite-main rencontrée chez le couturier Jean Fosse. Les époux séjournent en Angleterre, dans la propriété de la plus jeune soeur de Verboom.   1926 : Publication du poème Sphère dans la revue parisienne Le Nouveau Monde. Lettre chaleureuse d'Éluard.   1925-1930 : Années précaires. Suzon est phtysique. René essaie de subvenir aux besoins du ménage. Collabore à la fondation du Journal des Poètes.   1936 : Mort de Suzon. Vie errante.   1937 : S'installe dans une chambre meublée, rue Montagne de la Cour à Bruxelles.  1940 : René Verboom épouse Hélène qui lui donnera deux enfants, Anne et René. Collaboration culturelle à La Nation belge. La guerre éclate.   1944-1945 : Fuite en Allemagne. Bref séjour à Berlin. Le poète est ramené en Belgique par un de ses amis.   1946-1947 : Années fécondes. Verboom écrit beaucoup et distribue des manuscrits inédits à ses amis. Poèmes mystiques, érotiques...   1947-1948 : Les Verboom s'installent à Thoricourt, près d'Enghien.   1947-1955 : Rencontre et amitié du peintre Vereecke, qui accueille chez lui le poète.   1949 : Atteint de troubles mentaux, René Verboom entre en traitement à la clinique de Ruyff.   1950 : La poétique - Le veilleur (Editions du C.E.L.F.).   1955 : 7 mars : René Verboom meurt des suites d'une pneumonie.  

Bibliographie

  • La Courbe ardente, Bruxelles, Ed., du Septentrion, 1922
  • Les Collines, Bruxelles, Cuypers, 1923
  • La Poétique et le veilleur, Malines, C.E.L.F., 1950

Textes


Chanson de jaloux

Je l'écoute, je l'écoute:
elle affûte des couteaux pour les fous,
et elle a une chienne obscène,
t-elle a une chienne chaude
qui gémis dans l'âme des hommes.
 
Elle vient par des chemins nocturnes,
son souffle amer moule mon visage,
et ses petites phrases barbelées
écorchent son très pauvre coeur.
 
Elle suppose, elle insinue
que tu inventes ton amour pour moi
et qu'il y a des indices sur les feuilles
depuis que tu suis l'autre au bois.
 
Et je l'écoute, et je l'écoute,
et ses mots montent dans ma tristesse
comme ces maison, là-bas,
qui ont l'air plus grandes dans la nuit.
 
Je le sais bien.  Je ne le sais pas.

Commentaires


Homme sulfureux, hostile et batailleur, René Verboom aura hanté toute une génération de poètes, tant par son incohérence apparence que par la rareté de ses textes.  D'abord poète de l'amour sensuel _ sur le mode d'Eluard, mais une dizaine d'années avant lui _ il a su rester lumineux et simple dans sa quête d'absolu.  Soudain devenu néo-classique, il aligne alors des vers lourd, pompeux mais traversés de superbes réussites de détail.  A la fin de sa vie, comparable à celle d'Antonin Artaud, il a écrit des pages mystiques aux litanies lancinantes, d'une insoutenable densité.

Editions Traces Bruxelles 1987 "La poésie francophone de Belgique"