Paul Mathieu - Qui distraira le doute





Paul Mathieu à la Maison de la Poésie de
Namur, juin 2006. Photo : E. Brogniet.

Paul Mathieu.
Qui distraira le doute. Amay : L’arbre à paroles, 2006.     Dans les premiers textes, Paul Mathieu se fixe sur un acte banal et quotidien qu’il cache et magnifie avec des associations de mots hors du commun. Ainsi, il fait pénétrer le lecteur dans son univers. Un univers dans lequel, l’élément liquide (la mer, la plage) tient une place dévorante et pourtant discrète. De petites choses habituelles (se lever le matin et prendre son petit déjeuner, voir une baigneuse sur une plage, observer un paysage) sont parsemées ça et là dans le recueil, elles sont le seul fil conducteur, le seul lien du lecteur avec un semblant de réalité. Le premier poème de la deuxième partie résonne comme un avertissement. Le lecteur s’empresse de tourner la page pour se frotter à l’inconnu. Et là ! Oh stupeur ! Il tombe en pleine contemplation métaphysique. On remarque aussi une esquisse de jeu sur les sonorités, pas de rimes, mais des sons complices. Dans la troisième partie, on en revient à l’instant d’une action, à son décryptage. En toile de fond, la réflexion sur le fait de vivre. L’instant est toujours au centre du recueil. À son sujet, le poète réfléchit : « Comment mieux clore l’instant - cela qui n’a ni / début ni fin - qui est les deux à la fois ? / Prétendre à la parole Etendre sa part d’ordre / étonnée d’être là »  Un nouvel élément entre en lice : la vitesse. Le poète en profite aussi pour s’interroger sur son propre rôle. La télévision fait irruption dans le recueil, pour tenter de l’honnir du quotidien. La ville prend une place pour être disséquée par la plume. Un voyage se profile à l’horizon avec en son cœur : le doute. Le poète semble voir dans la poésie un voyage dans un questionnement perpétuel. Le poète fait du poème un questionnement perpétuel.

Delphine Loth



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