BREUCKER Roland


Biographie

Roland Breucker est un illustrateur belge, né le 31 mai 1945, à Verviers, et mort à Liège, le 26 juin 2009.

Roland Breucker fait des études artistiques à l’école Saint-Luc de Liège avant de devenir professeur de dessin. Il réalise dans sa jeunesse des marionnettes pour la pièce Ubu roi d'Alfred Jarry traduite en wallon par André Blavier. Il se trouve plus tard en connivence étroite avec André Balthazar, fondateur, avec Pol Bury, des éditions du Daily-Bul à La Louvière.

Breucker, aux attaches verviétoises, liégeoises et canadiennes, a donc stimulé dans ces compagnonnages son goût pour les dictionnaires, l’aphorisme et les jeux de mots. Il a toujours cultivé le sens de la dérision et de l’absurde. En Belgique, l’un de ses complices de mots se nomme Claude Bourgeyx, avec qui il réalise notamment en 1990-1991, pour le supplément MAD du quotidien Le Soir, Nobody’s Perfect, une série d’illustrations commentées, éditées en 1997 au Daily-Bul sous le titre L’homme est bon mais le veau est meilleur. Pour chaque livraison de la revue Marginales, animée par Jacques De Decker, il donne également un dessin de couverture qui sert à lui seul d’édito (1998-2009).

Son trait acéré, qu’il exerce sur des sujets de société ou les travers des humains, n’est pas sans parenté avec certains expressionnistes allemands, comme Otto Dix ou George Grosz, qui pratiquaient tous deux une critique sociale virulente. Adepte du collage et de l’imbrication texte-image, maître du noir et blanc, comme le montrent notamment les volumes du Lexikon qu’il a réalisés sur des textes de Balthazar, Breucker s’est aussi pris d’affection pour les textes d’Henri Michaux (Tribus, 2008). Il est également le co-fondateur du Comptoir du Livre, espace dédié aux petites maisons d’édition.

Biographie extraite de l'article de l'encyclpedie wikipedia consacré à Roland Breucker : <http://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Breucker>

Bibliographie

 

  • Correspondances, textes et dessins, Collection Polémique et mousse,  éd.. 100 titres, Bruxelles, 2011.
  • Billets d'où, textes et dessins, Collection Polémique et mousse,  éd.. 100 titres, Bruxelles, 2009.
  • Travail au noir, collection Boîte à gifles (50 exemplaires),  éd. Jean-Médor diffusion, Liège, 2008.
  • Timbres fêlés, livret d’artiste comprenant 6 timbres (60 exemplaires),  éd.. Jean-Médor diffusion, Liège, 2008.
  • Tribus d’après Voyage en Grande Garabagne de Henri Michaux, 36 gouaches, livre d’artiste, (24 expl.),  éd.. Ligne de tête, Liège, 2008.
  • Travail au noir, Quelques métiers propices, livre d'artiste, (24 ex.), Liège,  éd. Ligne de tête, 2006.
  • Travail au noir, Quelques métiers propices, textes et dessins, La Louvière,  éd. Le Daily-Bul, 2006.
  • Lexikon, textes d'André Balthazar. La Louvière,  éd. Le Daily- Bul.
    • Le Suçon, tome 12, 2009 - Le Rien, tome 11, 2007 - Le Point, tome 10, 2005 - Le Pain, tome 9, 2002 - La Trompette, tome 8, 2001 - La Pipe, tome 7, 2000 - Le Nez, tome 6, 2000 - La Poire, tome 5, 2000 - La Chaise, tome 4, 1999 - La Culotte, tome 3, 1999 - Le Chapeau, tome 2, 1999 - Le Soulier, tome 1, 1999.
  • André Balthazar. L'Air de rien, en collaboration avec Alain Delaunois, La Louvière, musée lanchelevici, 2004.
  • Aphorismes gourmands, textes, gravures de Jean-Claude Loubières, Paris, Adè!éo éditions, 2004.
  • Les Oreilles à l'air, dessins, textes de Philippe de Boissy, Landemer, motus, coll. Pommes Pirates Papillons, 2003.
  • Petits-Gris, dessins, La Louvière, Le Daily-Bul, 1998.
  • Linnéaments, dessins, textes d'André Balthazar, La Louvière, Le Daily-Bul, 1997.
  • L'Homme est bon, mais le veau est meilleur, dessins, textes de Claude Bourgeyx, La Louvière, Le Dai!y-Bul, 1997.
  • Le Fil à retordre, dessins, textes de Claude Bourgeyx, Paris, Nathan, 1991.
  • Je parle avec les mains, textes et dessins, Paris, Gilbert Salachas éditions, Paris, 1985.

Bibliographie extraite de l'article de l'encyclpedie wikipedia consacré à Roland Breucker : <http://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Breucker>

Textes


Commentaires


 

Je rangerai dans mon musée imaginaire Roland Breucker. Sa chronique qui semble « au jour le jour » n'a rien perdu de son vitriol. Disciple de Otto Dix, de Grosz, il dénonce le grotesque, les boursouflures humaines. Il trempe son pinceau moins dans la gouache que dans le vinaigre et ses commentaires écrits en marge ne doivent rien en férocité ni en humour grinçant aux illustrations qui les accompagnent. Chez Breucker, le texte n'est pas « mode d'emploi » mais complémentaire du dessin. Intégré, il devient lui-même dessin. Sur tout cela le moraliste affiche une solide joie de vivre.

Jacques Parisse, in R. Breucker, Je parle avec les mains, G. Salachas, 1985.

 

 

Breucker n'est pas « cartoonist » au sens strict, mais, ce qui est mieux, il donne à cette discipline une intense valorisation. Il « fait la différence » comme un champion. Il hausse le « cartoon » au niveau du graphisme illustratif moderne où excellent, par exemple, un Américain comme Ralph Steadman ou les brillants affichistes de Pologne. Satirique, féroce, plein de verve, Breucker a eu sa « période Grosz », riche en règlements de comptes avec une humanité hostile, une foule de personnages ridicules, enfin révélés sous leur véritable jour grotesque. Il n'a pas perdu ce mordant, mais il a pris quelque distance avec les cibles qui se profilaient à l'horizon de son stand de tir. Il fantasme davantage et avec la plus folle liberté créatrice.

Dans ses dessins actuels, Breucker navigue souvent entre ciel et terre, anges et démons, rêve et réalité. Il va « de l'autre côté du miroir ». Il dynamite les apparences. Il donne naissance à des historiettes aussi bizarrement loufoques que les contes d' Alphonse Allais, à des récits métaphoriques bourrés de clins d'œil, de vitriol et aussi de tendresse.

Pareilles créations mettent en joie. Parce qu'elles désorientent, fourmillent de trouvailles, font le pied de nez à la logique, envoient les technocrates à la poubelle, ne voilent pas les joies du sexe, et excitent comme une partie de flipper. Mais aussi parce que le style repose sur une technique d'exécution diaboliquement précise, avec un trait merveilleux, des couleurs rares, franches et perverses, des mises en page inattendues, des textes enlacés toujours « mis en situation ».

Jean Pigeon, in R. Breucker, Je parle avec les mains, G. Salachas, 1985.


Coordonnées