GROUAS Charles-André


Biographie

Né en 1883 dans le département de la Sarthe, Charles-André GROUAS s’installe à Bruxelles au début du XXe siècle où se déroule toute sa carrière d’homme de lettres. Journaliste de reportage, critique littéraire et artistique dans l’entre deux guerres, on le retrouve longuement journaliste parlementaire à partir de 1950 et il tient encore la plume peu avant sa mort survenue à Forest en 1968. Il a publié des milliers d’articles dans de très nombreuses revues et journaux, des contes, des recueils de poésie : Les SilvesLe Fablial d’HerméeLe Cœur d’Aimer – … Cet Homme au nom prédestinéou legs de Pierre de Ronsard à la Fée Eze et à l’Ange-au-Clair-Ditié –  Bleu semblait le Fleuve ThéLa Parénèse de Midi ou les Variations Musicistes – Bout de l’An pour un Ami mort, des essais : De Stéphane Mallarmé à Jean Royère Le Musicisme et la Tradition ou la Parabole d’Igitur – Jean de Boschère l’Admirable, poète. Sa vie et son œuvre font l’objet d’études approfondies en cours.   Pour plus d’informations :   Joël GROUAS 21, rue de Sarthe 72000 LE MANS (France)

Bibliographie

  • Le cristal se brise..., contes, Bruxelles.
  • Les silves, poèmes, Ed. Robert Sand, Bruxelles
  • Le Fablial d'Hermée, Aux Editions littéraires de l' Horizon, Bruxelles, 1923.
  • De Stéphane Mallarmé à Jean Royère.
  • Le coeur d'aimer, Chez l'auteur, Bruxelles, 1936.
  • La Parabole d'Igitur.
  • Bleu semblait le fleuve thé, La Phalange, Paris, 1949.
  • ...Cet Homme au nom prédestiné..., ou Legs de Pierre de Ronsard à la Fée Eze et à l'Ange-au-Clair-Ditié, 1964.
  • Bout de l'An pour un Ami mort, extrait de la Revue Synthèses,n°155, 1959, Bruxelles.

Textes


Epitaphe d'un Philosophe

Mes amis laissez-moi reposer à mon aise.
Pourquoi troubler de pleurs la Séparation ?
Le sort irrévocable a décidé la Tmèse
L'espace a rappelé l'âme de l'alcyon.

Que l'Esprit Eternel, Père des symétries,
Me réveille à son gré dans un autre Printemps.
Criton, l'Hadès au fond n'est qu'un crible qui trie.
Je sens que j'ai vécu déjà le même instant.

Adieu, cercle d'amis, couronne de ma Vie
Phoenix, Alkhidamos, Lysis, Ephestion.
Gardez, comme un faisceau, votre phalange unie
Dans le docte propos et la discussion.

Chaque an, te souvenant, au temps des Thargélies
Répands, cher Nicias, l'offrande d'un rython,
Observe ce jour là le Silence et n'oublie...
Demain...que nous devons un coq noir à Pluton.

Epitaphe d'un poète

Déjà du Ciel frileux les roses se déflorent.
Lydé lève les yeux, regarde à l' horizon :
Tel un bal gémissant que le Destin dévore,
Les feuilles sous nos pas précèdent la Saison.

Courbez vers les gazons, branches, vos tristes cercles.
Rondes, agglomérez un végétal essor.
Sur moi, l'Aether gristre opprime d'un couvercle
La Terre où l'Espérance ultime règne encor.

Adieu, fleuves et monts, vallons ombreux et plaines,
Sources, côteaux feuillus bercés par l'aria
Que les Zéphirs joufflus dans les herbes égrènent
Au temps du tamaris, des lys et des lilas.

Adieu, rires d' oiseaux, voix des cigales vaines,
sous les lauriers jaunis chers au dieu de Thymbra
Où mon Ombre, en souffrant d'une secrète peine,
Cherche un seuil qui l'accueille, et ne l'aperçoit pas.

Epitaphe d'un Sage

Il faut vivre sa mort et non mourir sa vie.

Extraits de Le Fablial d'Hermée

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