OTTE Jean-Pierre


Biographie

Ecrivain, conteur-conférencier et peintre

Jean-Pierre Otte est né à Ferot-Ferrières dans les Ardennes le 10 septembre 1949. Avide de savoir, il étudie des disciplines aussi diverses que variées telles que la biologie, la physique, la philosophie et le mythologies du monde. Installé depuis 1984 sur le causse, il vit dans le Lot à Larnagol entouré d'animaux familiers. Fasciné par la femme, épicurien, il aime la marche et le vin.

En 1976, paraît son premier livre et dès 1978, il vit de sa plume et de sa voix. Outre son travail d'écrivain, il excelle dans d'autres activités :

  • chroniqueur dans les journaux (à La Libre Belgique, le Monde, récemment dans Le Nouvel Observateur, dans l’Express, et dans Notre Histoire),
  • conteur à la radio (RTBF, France Culture) et en spectacle,
  • conférencier régulier dans les Universités étrangères et pour l’Alliance française depuis 1990.

Spécialiste des mythes de la création, Jean-Pierre Otte les a transcrits pendant une dizaine d’années dans Les Matins du Monde. Il s’adonne aussi à la botanique et l’observation des insectes (L’amour en eaux dormantes) et manifeste son allégresse de vivre dans ses Histoires du plaisir d’exister.

Jean-Pierre Otte a reçu le prix Nature de la Fondation de France, jury présidé par Jean Dorst de l’Institut des Sciences Naturelles ; prix décerné pour la rigueur scientifique et la qualité littéraire de ses travaux en botanique et en entomologie.

Certains ouvrages ont été traduits notamment en Chine, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Hongrie et en Grèce. Une vingtaine de mémoires et de thèses universitaires ont déjà été consacrés à son œuvre.

Depuis les années 80, Jean-Pierre Otte est un peintre à part entière (dernière exposition à la Galerie Bastien-Art de Bruxelles et à la Galerie P&V de Liège).

Bibliographie

  • Les amours de Sailor le chien (avril 2008)
  • L'amour sur parole (novembre 2007)
  • L'épopée amoureuse du papillon (avril 2007)
  • Amours en vol
  • L’Amour en forêt (Pocket)
  • La sexualité domestique
  • Le Coeur dans sa gousse
  • Livret pour les temps présents
  • Recours aux couleurs
  • Le Feu sacré
  • L’Amour en forêt
  • La Sexualité d’un plateau de fruits de mer
  • La Sexualité d’un plateau de fruits de mer (Pocket)
  • The Courtship of Sea Creatures
  • Η σεξουαλικότητα σε ένα πιάτο με θαλασσινά
  • Petite tribu de femmes
  • Petite tribu de femmes (Pocket)
  • Le Chant de soi-même
  • Histoires du plaisir d’exister (Pocket)
  • Histoires du plaisir d’exister
  • L’Amour en eaux dormantes
  • Les Naissances de la femme (Les Matins du Monde/3)
  • Les Aubes enchantées (Les Matins du Monde/2)
  • Les Aubes sauvages (Les Matins du Monde/1)
  • Blaise Menil mains de menthe (édition de poche Espace Nord)
  • L’Amour au jardin
  • Love in the garden
  • L’Eternel fiancé
  • Le Ravissement
  • Celui qui oublie où conduit le chemin
  • Les gestes du commencement
  • Nicolas Gayoûle
  • Blaise Menil mains de menthe
  • Julienne et la rivière
  • Le Coeur dans sa gousse
  • La vie amoureuse des fleurs dont on fait les parfums, Éditions Julliard
  • Un camp retranché en France, Éditions Julliard
  • Le labyrinthe des désirs retrouvés, Julliard

source : le site de Jean-Pierre Otte

Textes


Pénétration (extrait)

Dans la spirale d'une vis pour te rejoindre
et percer la poche d'eau
où tu te baignes nue
            L'ombilic enfouit son oeil
            gousse d'ail dans le creux d'une vage de sable
            Langue qui fouille entortillée
            Travaillons chacun de notre
            côté à bouleverser
            les éboulis de os matrices

Dans le tournoiement d'un aigle pour t'enlever
t'arracher au nid de tes racines
qui t'invente qui t'actionne
pour t'invente qui t'actionne
pour rayer de plaisir
la passerelle de la vie et de la mort
(la faiblesse du sexe est fanfare
son ingratitude avalanche d'images
déluge de couleurs d'escargots de grimoires
carrousel qui dérègle
et vagues où voguer rouler tournoyer
car comment taire sa faiblesse
sinon en grandissant en un corps autre, étranger)

Dans le sillon d'une taupe qui nous libère crue trop retenue
dans les brèches des naufrages

Dans les mille jets qui se brisent
en éclats qui violem-
ment se déchaînent se pénètrent s'en-
clavent s'encavent sans peine se pensent se plongent
...

Commentaires


La vie amoureuse des fleurs dont on fait les parfums

aux éditions Julliard

A l’image des femmes qui, devant leur miroir, se préparent aux plus folles nuits d’amour, les fleurs, pour séduire, s’ingénient à l’attrait en inventant leurs formes, leurs fards, leurs parfums. Il y a la capricieuse comme le narcisse, qui par son architecture exige de ses amants des talents d’acrobate ; la violette qui mène une double vie; l’ultra sensible, comme le mimosa, qui se rétracte au moindre effleurement ; la lavande généreuse qui accueille tous les amants sans distinction ; l’exclusive, comme l’œillet, qui ne s’offre qu’aux papillons et dont le dépit de ne pas avoir été visitée s’exprime par une odeur de décomposition fétide ; ou encore la satisfaite, telle le chèvrefeuille, dont la valse érotique cesse en même temps que l’exhalaison de ses arômes dès qu’elle est fécondée…

Jean-Pierre Otte achève avec ce livre son cycle de L’Amour au naturel, constitué de neuf ouvrages dont la désormais célèbre Sexualité d’un plateau de fruits de mer. Observateur de la nature, érudit et grand styliste, il s’attache cette fois aux secrets d’alcôve des fleurs à travers une promenade littéraire et sensuelle en compagnie d’auteurs tels que Rousseau, Jünger, Goethe, Homère, Stendhal ou Buffon.

Jacques Lacarrière voyait en lui « le jardinier de l'amour » et René-Louis des Forêts disait qu'il est « le dernier des écrivains classiques ».



Critiques littéraires


Dans une écriture étonnante, et une exceptionnelle sensibilité esthétique, Jean-Pierre Otte mêle le familier et le savant, le lyrisme candide et la précision scientifique pour sortir l’oiseau de la cage où le tient notre ignorance.
Lire


Voilà un merveilleux écrivain dont les livres sont délicieux !
Bernard Pivot


On ne lui connaît pas de profession ni de spécialité, sauf à signaler qu'il les exerce toutes. Ecrivain en vogue, chroniqueur en maintes gazettes, conférencier frisant le surbooking, peintre coté et de belle venue, conteur hors pair, homme de plume et de radio, capable même de se produire sur scène où, entre deux récits, histoire de ménager des pauses et de nourrir la méditation, il se lance parfois dans un long solo à l'harmonica diatonique, quand il n'est pas accompagné à la contrebasse, au berimbo, voire à la sanza, Mister Otte butine et lutine, voletant dans les jardins du savoir, s'enivrant des fieffés mystères de la vie. C'est un papillonneur, un métier qui n'existe pas mais qu'il a créé à son usage et à sa stricte fantaisie. D'ailleurs, les papillons sont les héros de son nouvel opus. Il les a beaucoup observés, à Larnagol, où il vit, sur un causse du Lot,
entouré d'une cour d'animaux variés qui cancanent, hululent, braient et jacassent à qui mieux mieux. Vains cris, courtes agitations peuplant le silence. Les papillons se taisent, mais ce sont eux qui déclenchent les tempêtes : en descendant la longue chaîne des effets qu'engendrent les causes insoupçonnables, on sait qu'un froissement d'ailes dans un air calme produira un jour ou l'autre un coup de vent, de là une bourrasque, elle même grand-mère de l'ouragan. C'est la faute aux papillons qui papillonnent, qui battent des ailes au-dessus des corolles, à la recherche d'un ou d'une partenaire. La danse nuptiale du vulcain ou du satyre fauve est responsable de tout. Seule la copulation mettra fin au désordre, qui fixe les acteurs, affirme Jean-Pierre Otte, dans la position dite du missionnaire.
On voit par là qu'aucune extravagance n'est étrangère aux papillons, non plus qu'à notre homme. Et rien de ce qui est sérieux non plus, à vrai dire, ne lui échappe. Il a étudié la biologie, la physique, la philosophie et vous ensorcelle avec une diversité d'intrigues ayant trait au big-bang, aux mythes indo-européens ou au sommeil des mérous. Il fait vibrer toutes sortes de cordes. Il est à son affaire dans l'émotion, l'humeur, l'humour, le drame et la tendresse. Au fond, il est à son affaire dans le monde.
Mettant à profit l'actualité électorale, il vient de publier un éloge de l'abstention qui, tout persifleur et naïf qu'il se veuille être, lui ressemble bien peu : s'il est un artiste que n'effraient pas les chinoiseries et les complexités politiques, qui ne sait pas se tenir éloigné des choses, qui ne pratique ni l'empêchement ni l'évitisme, qui ignore les douleurs du manque comme les plaisirs du renoncement, qui ne s'interdit aucun penchant et ne se refuse à aucune hypothèse, c'est bien l'auteur du « Retour émerveillé ». Jean-Pierre Otte est un épicurien, et un épicurien ne s'abstient d'à peu près rien. Tout le charme ottiste est là : une guerre perpétuelle aux tempérances et à la mortelle retenue. Votez Otte !
Jean-Louis Ezine, Le Nouvel Observateur


Dès les premières paroles, il fait quelque chose, comme une eau de source qui enivrerait un convalescent qu’un médecin imprudent aurait expédié au vert. Tant de pages si enchanteresses sont d’un écrivain hors pair.
Le Nouvel Observateur


Un maître en matière de style.
Le Magazine Littéraire


Jean-Pierre Otte est un obsédé heureux, en même temps qu’un champion de l’indicible. Il sait décrire ce qui point entre les êtres, les glissements progressifs du désir, le retour des passions dans un monde en mutation.
L’Express




C’est la fête d’un langage plein de sèves où les mots germent en alliances insolites pour mieux capter les sensations, une allégresse et une force tranquille qu’habite la saveur du monde.
Le Monde


C’est l’homme des commencements, c’est le chroniqueur des genèses (...). Ce qu’il dévoile en ces œuvres denses, païennes, murmurantes, c’est le pays des connaissances essentielles, des transparences nécessaires, sans lesquelles, on ne verra, on ne surprendra jamais le fond, le font des sources et de l’âme.
Jacques Lacarrière