Anne-Marielle Wilwerth, L’ébéniste du temps, éditions Henry, 2005.
A ceux qui souhaient emporter un livre en voyage, on voudrait conseiller « L’ébéniste du temps », car il est nourri de méditations, de paysages, d’images intérieures comme autant d’îles où demeurer vacant, les yeux perdus au loin.
L’auteur de « L’île tutoyée » sculpte un bois serré, modèle une terre poétique où « chaque soir / l’absolu s’achète des flammes / nues sous leur cape de cire. »
A la fois transparents et tissés d’énigmes, légers et graves, les poèmes d’Anne-Marielle Wilwerth recueillent avec humilité, sensations, émotions, réflexions.
Propageant des ondes apaisantes, leur brièveté favorise le déploiement du poème dans l’esprit du lecteur, complice et créateur à son tour.
Le poème se met à table
une serviette de rosée
sur les genoux
Les vignettes de Gabriël Belgeonne en transmettent l’essence et la vibration fugace sous le grain de l’instant.